03.08.2026
Le calme s’installe enfin au 5ème étage sans ascenseur du n°75 du boulevard Kocho Racin de Skopje, capitale de la Macédoine du Nord. Le logement est conforme aux photos de la plate-forme de réservation, confortable et spacieux, le taxi nous y a déposés au milieu de la nuit. Comme partout en Europe, la canicule fait rage, l’airco nous sauve la vie. Après une courte nuit, je brave le mercure à la recherche d’un petit commerce et d’une boulangerie. Tout est fermé, les rues sont désertes. J’ai l’impression d’être Tom Cruise qui erre dans New York au début de Vanilla Sky. Je finis par trouver un seul marketeke ouvert dans le sous-sol glauque d’un centre commercial qui sent bon l’ère soviétique. Au moins, le pain sort du four et il y a du chocopasta sans huile de palme. Avec tout ça, j’apprends que c’est jour férié national et il est quasi midi quand nous décollons, direction le Vardar, fleuve macédonien de 380 km. Qui dit fleuve dit pont, ils n’ont pas lésiné sur les infrastructures par ici. Se succèdent le pont des Artistes, celui des civilisations macédoniennes, celui de pierre – lancé au XVe siècle mine de rien – et enfin le pont suspendu. Et je vous épargne les ponts routiers.



L’énorme place de la Macédoine est déserte, seul le quartier turc est plus ou moins animé. Nous montons à la Mosquée Mustafa Pacha, édifiée pendant que Christophe Colomb partait à la conquête de l’Amérique, elle jouxte la citadelle dont les premières pierres avaient été empilées une dizaine de siècles auparavant. Pour manger midi, nous testons notre premier borek, plat national à base de pâte feuilletée fourrée soit au fromage, soit aux épinards, soit à la viande. Le marché couvert n’est qu’à quelques pas, nous y trouvons des fruits et légumes qui ont mûri avant d’être cueillis, puis nous rentrons prendre le frais au logement. Après le souper, je ressors avec les kets, mon épouse est HS, et nous découvrons que la population a repris possession de l’espace public, la place de la Macédoine est cette fois noire de monde tout en brillant de mille feux.

04.08.2026
La nuit fut bonne, bercée par le ron-ron de la climatisation en mode sleep. Nous commençons par la logistique, une carte sim et un forfait data illimité pour mon smartphone qui n’est pas équipé de la technologie esim, puis visite de la gare routière pour préparer les jours à venir. Nous longeons ensuite le Vardar bordé de bâtiments mégalos reliés par des ponts, nous l’avons vu hier. Cette fois, le caravansérail Souli An est ouvert, de même que son petit musée. L’église Saint-Sauveur nous appelle, pourtant elle est bien cachée, il ne s’agissait pas de faire de l’ombre à la mosquée voisine. Personne n’a été malade, nous retournons pour un borek comme hier. Alexis m’annonce qu’il fera deux degrés Celsius de plus demain, banco je pars pour un petit run de 7K sur la piste cyclable qui longe le Vardar, direction faubourgs tandis que le Grand prend la direction centre-ville. J’avoue que sous cette chape de plomb, je traîne la patte, et il n’y a pas un pet de vent, alors je finis par accélérer un peu pour rattraper un vélo. Ce soir, mon épouse nous fait l’honneur de nous accompagner dans notre petite virée digestive. »C’est le Time Square local » sera son appréciation de la place du village.

05.08.2026
Le réveil a sonné, il s’agit de monter dans le bus 60, tout le monde en parle mais personne ne l’a vu revenir. Bref, le trajet aller se passe bien, une heure pour traverser la ville, sortir des faubourgs et atteindre le canyon de Matka et son lac éponyme, qui s’est formé en 1937 suite à la construction du barrage Saint-André sur la rivière Treska. Nous suivons le sentier aménagé à flanc de falaise, c’est bucolique, mais il n’y a pas de pont, ils sont tous à Skopje, cela sera donc un simple aller-retour. J’avais bien pris soin de photographier l’horaire du bus des mains du chauffeur. Nous arrivons la fleur au bout du fusil avec un quart d’heure d’avance. Le bus n’arrive pas. Après vérification, nous avons 5 minutes de retard. Ouais, mon œil avec qu’il était ponctuel. Pas grave, le prochain passe dans deux heures, nous allons rafraîchir nos petits petons dans l’eau claire et froide. Cette fois, nous sommes vingt minutes à l’avance, sait-on jamais.

Le bus n’arrive pas. Ptfdk. Un chauffeur de taxi explique qu’il n’arrivera pas parce qu’il n’a pas la place de manœuvrer son demi-tour en raison des voitures stationnées à la n’importe nawak. Entre-temps, le prix de la course en taxi monte en flèche. Je refuse. Nous marchons deux cents mètres sous le cagnard. Je mandate mes héritiers pour négocier le taxi, c’est réglé. Tu parles d’une petite excursion.
06.08.2026
Matinée relax, du bon pain encore chaud sorti du four, puis le musée de la ville de Skopje, installé dans l’ancienne gare ferroviaire détruite comme une grande partie de la ville lors du funeste tremblement de terre du 26.07.1963. Outre quelques artefacts remontant à l’Antiquité, la tragédie du séisme et de ses ravages est remémorée. Nous ne nous attardons pas, j’ai rendez-vous à l’aéroport, non pas pour prendre l’avion mais pour récupérer la voiture de location, l’expérience en bus local d’hier nous confirme que c’est le meilleur choix.

Je laisse donc femme et enfants pour rallier l’aéroport international en bus, évidemment. L’agence est bien organisée, je reçois une Renault Megane semblant neuve, je connecte mon smartphone sur Android Auto, je lance Gmaps et Spotify puis je m’arme de patience et de vigilance dans les embouteillages. À nouveau réunis, nous traversons la capitale et sa flopée de feux rouges, avant de filer sur l’autostrade jusqu’à Tetovo, qui vaut le détour pour sa mosquée colorée et sa pâtisserie « Mostar 2 », qui sera notre QG. Nous gagnons quelques précieux degrés Celsius – en moins donc – par rapport à la capitale, bonne raison pour ressortir mes spikes et enchaîner des allers-retours le long de la rivière Pena.

07.08.2026
04h25, l’appel à la prière, ça faisait un bail. Je me concentre pour ne pas me réveiller mais je réalise qu’il fait un peu trop chaud : j’avais coupé l’airco, non sans avoir laissé la télécommande à portée de main et en ayant mémorisé l’emplacement du bouton ON/OFF. Puis je me rendors, du sommeil du juste. Nous avons déjà vu ce qu’il y avait à voir dans cette petite ville, nous partons en randonnée, au départ de la station de ski de Popova Chapka, la plus ancienne du pays, perchée à 1.700 m d’altitude. L’objectif est le sommet du mont Tito, point culminant du parc national des monts Shar, avec 2.747 m. Bref, une promenade de 11 km. Et pareil pour le retour. Alexis marche vite, la force tranquille inarrêtable, Valentin suit bien, il faut avouer qu’il a de longues jambes aussi. Par contre, leur mère est à la traîne, au bout de sa life, elle paye cher d’avoir arrêté le running. Après 6,5 km, Valentin se dévoue pour garder sa Maman auprès un ruisseau. Avec Alexis, nous plions le reste de la montée en moins d’une heure pour admirer le paysage qui s’ouvre jusqu’à l’Albanie.



Par contre, le ciel se couvre et le tonnerre gronde, il s’agit de tracer, nous retrouvons Catherine et Valentin à 4,5 km de la station de ski, ils s’étaient également remis en route. Sur le trajet du retour en voiture, Alexis remarque avec satisfaction qu’il a intégré plusieurs tops des segments Strava de la rando. Donc moi aussi sauf que je suis incognito. Prochaine fois, je serrerai mes lacets, histoire de faire une vraie perf. Reste plus qu’à manger quelque chose et prendre une bonne douche. Soirée borek dans la boulangerie du coin, la pâte feuilletée est délicieuse. Le boulanger y mettrait de la frangipane et une fève qu’il ferait fortune.
08.08.2026
Nuit interrompue, mais nuit quand même, de sorte que c’est grâce matinée, jusqu’à 08h30. Le luxe est où l’on veut qu’il soit. Je file à la boulangerie du coin pour le petit-déj dans le jardin. Puis les kets glandent pendant que j’accompagne Madame pour faire de grosses courses en prévision de nos deux nuits à Mavrovo, dans un appartement nickel, près du lac artificiel célèbre pour son église engloutie. En ce moment, le niveau de l’eau est plutôt bas – c’est marée basse – alors l’église engloutie ne l’est plus tout à fait. Nous reprenons notre carrosse pour une magnifique route de montagne jusqu’à Galitchnik, petit village hors du temps, perdu sur les hauteurs de la vallée, calme et sérénité sont assurés après le passage des motards. À près de 1.300 m d’altitude, nous avons retrouvé le frais, les deux sportifs de la famille font une petite sortie, tandis que le soleil se cache derrière le Mont Korab, point culminant du pays, partagé avec le voisin albanais. Le logement est splendide, nous profitons de la TV connectée pour une soirée movie avant de réaliser que le canapé-lit du séjour n’est pas à la taille de nos grands garçons, Valentin finira sur le tapis.


09.08.2026
Pas de boulangerie à des kilomètres à la ronde, c’était anticipé, vous pensez bien. Nous adaptons l’ambition de la rando du jour pour rester groupier, direction le bled de Nikiforovo d’où part le sentier mal balisé vers le Sandaktash, petit sommet qui flirte avec les 2.000 m, nous croisons un duo de randonneurs allemands francophiles, là où le sentier s’efface. Rien ne nous arrête, et nous coupons à travers la forêt pour récupérer une piste menant à une ferme isolée, puis au sommet après un trajet de 8,5 km. Yapluka redescendre.



Arrivés au logement, c’est la désillusion : l’eau de la douche est caillante. C’est bon pour les muscles endoloris, mais cela ne détend pas. Une rapide analyse de la situation me permet de poser le verdict : l’interrupteur qu’on ne savait pas à quoi il servait sert donc à allumer – ou éteindre en l’occurrence – le boiler. Les deux plus courageux – ou impatients – se laveront à l’eau froide. Les deux autres attendront d’être revenus de la petite promenade (de récupération) jusqu’à l’église engloutie.
10.08.2026
Une longue et magnifique route nous attend ce matin, nous passons le barrage poids et descendons le cours des rivières Mavrovo puis Radika jusqu’au Monastère Saint-Jean Bigorski, site exceptionnel. Par son implantation, sur le flanc du mont Bistra, entouré de forêts, à flanc, par sa construction en pierre de tuf, par son histoire remontant au XIème siècle et par son accueil chaleureux. Nous recevons effectivement deux fois les explications de l’iconostase : en allemand puis en anglais. Le moine orthodoxe comprend vite à nos questions sur Salomé à qui il a affaire et nous laisse franchir la zone de sécurité pour des explications complémentaires, notamment au sujet de l’icône de Saint-Jean Baptiste, datée de plus de mille ans.





Cette iconostase monumentale a été sculptée en six ans et relate la décollation de Saint-Jean Baptiste par Salomé, dont la légende veut qu’elle périsse de la même manière. Puis, nous sommes invités à prendre un çai ou un café, dans un grand salon réservé aux visiteurs. Après une telle visite, il m’en faudra beaucoup pour m’impressionner dans ce pays. Nous repartons en faisant le crochet par Rostoucha, dans l’espoir d’y manger midi, mais il y a une sorte de fancy-fair, impossible de se garer quelque part, nous poursuivons vers Debar pour le pique-nique, puis vers Ohrid, the place to be touristique incontournable. Les deux rues du centre historique au bord du lac sont bondées, il suffit de s’en écarter un peu.


11.08.2026
Voyage en mode vacances, il est passé 11h00 et 30 °C quand nous décollons enfin du Airbnb, direction l’église Saint-Jean de Kaneo, tout le monde la connaît sans connaître son nom : elle est le symbole (touristique) même du pays. Pour y arriver, nous passons devant des plages privées où s’entassent des corps dénudés en cuisson lente. Ici, pas de sentier du littoral, mais une passerelle sous la falaise, car l’accès à cette petite église ne se fait qu’à pieds.





Édifiée au XIème siècle – peut-être – elle adopte une architecture byzantine avec un zeste d’influence arménienne et l’indémodable plan en croix. Ajoutez-y quelques cyprès, le bleu du ciel et le lac azuré, retirez-en les touristes, et vous aurez le cadre parfait. Un autre incontournable d’Ohrid est son lac, évidemment. Avec cette chaleur caniculaire, l’eau claire de son littoral monte à 26 °C, c’est parfait pour la baignade, nous n’irons pas dans le froid de sa plus grande profondeur à 287 m.
12.08.2026
Ce matin, c’est pain perdu au petit-déj, tout l’avantage avoir un logement équipé et une Princesse hors pair : elle a fait cela à la casserole ! Repus, nous bravons la chaleur pour monter jusqu’à l’église Sainte-Marie Peribleptos, le clou du voyage à Ohrid, après son lac bien sûr. Comme son nom l’indique, elle est visible de partout. Du moins, elle l’était à sa construction en 1295. Transformée plusieurs fois, outre son architecture remarquable, ce sont ses fresques qui captent l’attention, avec quelques explications, l’on peut les lire comme une bande dessinée.






La fresque principale relate la montée de Sainte-Marie Mère de Dieu au ciel. Il fait de plus en plus chaud, mais je préfère courir l’après-midi quand il y a moins de monde sur la digue, cela m’évite de zigzaguer. Pendant ce temps, le Petit va se faire couper les tifs. Nous ressortons en début de soirée, au soleil couchant, mais nous ne verrons rien de l’éclipse, étant trop à l’Est. Par contre, la digue est bien noire de monde. Demain, nous quittons cette ville (T)Ohrid, merci Dickson, pour le lac de Prespa.
13.08.2026
Réveil matinal, mais pas pour aller au travail. Pendant que Ma Princesse nous prépare du pain perdu, oui toujours avec cette seule casserole énorme, je sors faire les courses du pique-nique et je déplace la voiture à l’ombre. Nous suivons la route du littoral vers le Sud, un peu leur route de la Corniche, sauf qu’ici, c’est l’Albanie qui est au bout. Et avant le bout, c’est le Monastère de Saint-Naum, fondé au début du Xème siècle par Naum de Preslav, célèbre écrivain et missionnaire bulgare, saint-patron des malades mentaux. Avec un tel CV, il avait bien gagné une sépulture dans l’église de son monastère.




Nous rallions ensuite le parc national de Galičica. Créé en 1958, il couvre 227 km2, et est traversé par la route qui relie le lac d’Ohrid à celui de Trespa. Je décide d’en gravir le Mont Magoro qui culmine à 2250 m. Alexis décide de m’accompagner. Catherine et Valentin décident de surveiller la voiture. La montée est courte – 3,5 km – mais raide avec quasi 20 %. Nous faisons l’aller-retour en deux heures chrono pour casser la croûte avant de filer vers l’hôtel sur la rive ouest du lac. L’hôtel est un peu décati, mais c’est le seul à des kilomètres à la ronde et il est planté dans ce cadre exceptionnel, perdu au milieu de nulle part face à ce lac entouré de montagnes. De par la présence d’algues, l’eau est moins limpide qu’à Ohrid, cela ne nous empêche pas de nous baigner. Valentin ne mouillera que le bas de son maillot et Catherine prendra les photos.




14.08.2026
Depuis le début du voyage, nous avions des Airbnb avec au moins une chambre, parfois deux. Ici, c’est une grande chambre familiale, les kets ne nous ont rien épargné. Le petit-déj dépasse nos espérances, même si le pain perdu est moins bon que celui de mon épouse. Ils ne mettent pas assez de lait, telle est son analyse. Face au lac Prespa, l’on s’en satisfera amplement. Nous suivons la rive du lac dans le sens horlogique jusqu’à l’église Saint-Georges de Kurbinovo, mondialement célèbre pour ses fresques de 1191. Elle est fermée.




Pas grave, j’avais prévu le coup, j’ai un plan bis : le monastère de la Sainte-Mère de Dieu de Slivnitsa. Il paraît qu’il y a même moyen d’y loger. L’aubergiste n’est pas là, mais nous pouvons monter jusqu’aux cloches. Pour l’occasion, nous brûlons un cierge. Reste plus qu’à arriver à Bitola, deuxième ville du Pays. J’y avais repéré une pâtisserie qui me fera faire quelques tours du plus grand parc de la cité, c’est précisément ce moment que le ciel attendait pour me tomber sur la tête, c’est le déluge. Marrant.




15.08.2026
Aujourd’hui, nous montons au PN du Pelister, pour une petite randonnée de 12 km, principalement à l’ombre des pins et des feuillus, parfois dans des coulées de pierres charriées à l’ère glaciaire. Le pique-nique se prendra à quelques 2.000 m d’altitude, avec vue sur le massif du mont Baba et sur la plaine en contrebas.


Je consigne ici le nom du lac Streshevo, tout le monde s’en tape mais Ma Princesse voulait absolument connaître son nom. D’ailleurs, elle l’a déjà oublié : je viens de m’en enquérir. Après l’effort, le réconfort, direction la pâtisserie Venera pour une deuxième tournée. Cette fois, ce n’est pas l’orage mais Alexis qui m’accompagne pour quelques tours du grand parc municipal. Nous terminons la soirée en movie, grâce à la TV connectée.
16.08.2026
La journée commence par la visite des ruines de la cité antique d’Héraclea Lyncestis, fondée par Philippe (II) de Macédoine au IVème siècle avant JC, plusieurs fois détruite, donc plusieurs fois restaurée. Ce sont surtout ses mosaïques, du moins ce qu’il en reste, qui impressionnent aujourd’hui, tandis que l’amphithéâtre semble avoir été réhabilité.




De la Via Egnata, l’antique voie romaine qui traversait les Balkans, à la Shirok Sokak, un peu la rue Neuve d’ici, il n’y a que quelques pas, que nous franchissons allègrement pour ne pas louper le goûter chez Venera, nous y avons déjà nos habitudes, et cette fois nous prenons double dose. Donc, je suis bon pour 10 km d’allers-retours de parc, j’y ai déjà mes habitudes aussi. Tant qu’à faire, nous y ressortons le soir, il y a de l’ambiance, avec des petits stands de fête foraine. Les kets repartent avec une barbe à papa qui sort d’une machine automatique, et un petit tour d’auto-tamponeuse. Les portes du stade sont ouvertes, l’équipe locale – le FC Pelister – y dispute un match de championnat de D2, l’ambiance est bon enfant, mais ça reste un match de foot.



17.08.2026
Après trois nuits à Bitola, il est temps de lever le camp. C’est ce que ne ferons jamais les quelques 15.000 soldats français tombés pour la patrie. Survivants de la bataille des Dardanelles, les malheureux ne passeront pas l’expédition de Salonique.


Une petite heure de route nous mène à Krouchevo, ville de montagne célèbre pour ses compétitions de parapente – si, si – et pour être un foyer majeur de l’insurrection d’Ilinden. Cette fois, notre hébergement est un hôtel. Bien qu’un peu décati aussi, il offre une belle piscine, une salle de sport, et un sauna. De quoi s’occuper toute l’après-midi.


18.08.2026
Nuit correcte, et sans airco, merci l’air frais de la montagne, nous étions à 1.300 m. Le petit-déj est correct aussi, il est vrai que nous sommes devenus exigeants en la matière. La boutique Tagas Balkan, qui se targue d’être la plus ancienne fabrique de loukoums du pays, était fermée hier soir, nous avons donc une bonne raison de redescendre en ville. Ils ne produisent qu’une sorte de loukoums, aux noix, ainsi que des meringues, très légères. Nous poursuivons jusqu’à la galerie d’art « Nikola Martinoski », artiste considéré comme étant le fondateur de l’art moderne macédonien. En outre, la demeure est magnifique.



La suite se passe dans la plaine où le mercure monte à une quarantaine de degrés Celsius, ça ne rigole plus. Deux heures de route, agrémentées d’un contrôle de police, mon épouse croyait que j’avais dépassé la limite, allez savoir laquelle. Arrivée à Negotino sous le cagnard et accueil cordial par un grand-père plein de bonne volonté, fier de nous montrer le split (air-co) et le café à disposition. La ville est comme déserte, inanimée, seul le Kipper du coin est ouvert, nous attendons la tombée de la nuit pour ressortir et voir la vie qui reprend, les terrasses s’enfumer (un paradis pour feu mon Grand-père), les enfants jouer. En conseil de famille, nous avisons le programme de la fin du séjour et décidons de retourner à Ohrid.
19.08.2026
Il a plu cette nuit, incroyable, le genre de bonne drache qui purifie l’air. Par contre, la chaleur n’est pas partie pour autant. Le trajet pour la prochaine étape est trop court, nous le prolongeons sur cette route magnifique qui traverse les gorges de Demir Kapija, jusqu’au monastère de Saint-Ilija, sur les hauteurs de Davidovo, un trou paumé au bord du Vardar (celui qui traverse Skopje). Un parking aussi large que la gorge, coincé entre deux tunnels, permet d’accéder au fleuve alimenté par les averses nocturnes. Au bout des gorges, un village endormi qui porte le même nom, et un petit restaurant ouvert. Les hommes y jouent au tric-trac en alignant clope sur clope, tandis que nous prenons un peu de tout : salade grecque, salade shopska, tzatziki, fromage grillé, patates, kebabs. Un régal.




Puis, nous prenons nos quartiers au vignoble de la reine Maria, fondé en 1928, le cadre est magnifique. Nous jouons au Rummikub sur la terrasse à l’ombre en laissant passer les heures les plus chaudes. Il me semble apercevoir un très rare vautour percnoptère, que le commun des mortels connaît sous le nom de vautour égyptien. Les deux sportifs partent pour quelques kilomètres avant de finir au restaurant du domaine. La grande salle est frigorifiée – si, si – et pue le tabac, après réflexion, nous nous installons en terrasse, stratégiquement sous un énorme parasol, il y quatre paons dans les arbres. Après des semaines d’abstinence, nous saisissons l’occasion de goûter aux vins locaux. Il y en a un (le saphir) qui est bleu, c’est à la mode mais pas à mon goût. Les temjanika (blanc) et vranec (rouge), typiques des Balkans, m’ont bien convaincu.




20.08.2026
Petit-déj correct, sans plus pour un établissement de cette catégorie. Café qui décoiffe par contre. Fallait bien ça pour enchaîner trois heures de petites routes, avec des limites de vitesse variant en alternance de 20 à 100 km/h, mieux vaut être vigilant. Nous retrouvons le lac d’Ohrid avec plaisir. Notre nouveau logement n’est plus qu’à deux cents mètres de la digue, pourtant nous marchons deux kilomètres pour atteindre la crique de Labino, accessible uniquement à pieds, en bateau ou à la nage. Franchement magnifique.




21.08.2026
Un peu la flemme de s’activer ce matin, il est déjà passé 11h00 quand nous décollons enfin, direction la petite chapelle de Saint-Stéphane, encastrée dans la montagne, la courte montée est ardue mais la vue est super top, et la plage Gorica offre une pause rafraîchissante.

La balade, principalement sur la digue, n’a fait que 11 km, je ressors courir avant de reprendre un bain avec les kets. Comme un air de vacances. Le vent s’est levé et provoque des creux d’au moins un demi-mètre dans le lac dont les eaux éclaboussent la digue, j’avise les kets de s’écarter du bord sous peine d’être emporté par le ressac. Le centre est animé, un festival international de la danse folklorique, principalement des Balkans, bat son plein. La Bosnie-Herzégovine remporte un franc succès.

22.08.2026
Nous quittons cette antique cité lacustre, pour y revenir une demi-heure plus tard, votre serviteur a oublié le chargeur de la brosse à dents. J’ai pris un coup de chaud hier, après la rando, le running était de trop. Donc, direction les montagnes, retour à Mavrovo, j’y avais aussi oublié un chargeur. La canicule ne me réussit pas. Il n’y a pas de casserole dans notre logement qui vantait une cuisine équipée, nous en demandons une à la tenancière qui refuse. Elle préfère nous préparer elle-même le repas dans sa cuisine. Du jamais vu. Je pars me promener avec Ma Princesse, jusqu’au front de neige. Il n’y a évidemment pas de neige et les remontes pentes sont d’époque. Il y a même un télésiège à un siège. Il assure un débit de 400 personnes par heure. Par contre, il ne rassure personne.

23.08.2026
Réveil matinal, j’en profite pour sortir à la fraîche, pas beaucoup de D+ en restant sur la route qui longe le lac. Petit-déj avec des crêpes banane-chocolat, ça le fait. Nous traînons en zieutant le prochain voyage, va falloir se décider refaire des passeports. Puis deux heures de route sur l’autostrade Mère Teresa, cela nous change du tunnel Annie Cordy. Trajet sans encombre jusqu’à Skopje, interrompu par les péages, démocratiques par rapport à notre voisin outre-quiévrain. Une halte au car-wash, ça sent la fin des vacances.


C’est dimanche et c’est canicule, traverser la ville est une partie de plaisir, rythmée par l’onde rouge. Nous retrouvons notre premier logement avec le sentiment étrange de rentrer chez nous. Ce n’est pas tous les jours que j’ai l’occasion de courir par 35 °C sur les rives du Vardar, cette fois Alexis essaye de me suivre, nous n’aurons pas volé notre dernier cornet de glace.
24.08.2026
Petite nuit, l’airco – pourtant en mode sleep – s’était arrêté tout seul. Un peu de mal à émerger, et il faut faire les paquets, cela n’encourage pas. Nous sortons promener alors que la chaleur aplatit le chaland, direction le vieux bazar, les kets veulent ramener quelques brols, puis escale au bureau de change, il nous reste trop de denars macédoniens. Soit nous n’avons pas assez dépensé, soit nous avions trop changé. La restitution de la voiture de location se passe bien, elle nous aura bien servi sur presque 1.200 km, ce n’est pas beaucoup mais l’expérience du bus de Matka nous a convaincu que c’est le meilleur moyen pour visiter ce pays de 25.713 km2.






































































































































































































































































































































































































