Navigation de Dakar à Hambourg (du 16.06.2016 au 2.07.2016)

16 juin 2016 – #27 – Port de Dakar
Les opérations de (dé)chargement sont loin d’être achevées, le navire doit encore rester à quai, ce qui ne nous étonne pas vraiment : les zones de stockage temporaire sont tellement encombrées que les déplacements des containers et des véhicules sont très, très compliqués. Le second second (je vous rappelle qu’on en avait changé à Paranagua) nous informe que le départ est prévu en fin d’après-midi, ce qui me laisse largement le temps d’aller en ville pour publier un article sur le site. Je m’installe à « La Pampa », un café-resto parilla argentin (si, si) où je m’offre un Nespresso, what else, et un pain au chocolat. Catherine et les kets sont crevés de notre sortie d’hier et de la mauvaise nuit, ils restent donc sur le bateau. A midi, je suis de retour pour le départ qui est reporté à 22h. Nous mettons l’après-midi à profit pour analyser les activités sur le pont avant, la valse des containers reprend de plus belle, mais en cours de soirée, le départ est re-reporté à cette nuit, nous dormons chacun avec un de nos enfants prodiges.

13h37
13h37

 

21h29
21h29

17 juin 2016 – #28 – Port de Dakar
Lorsque nous avions réservé nos cabines en janvier 2016, l’embarquement était prévu à Montevideo le 23 mai, pour une arrivée à Anvers le 18 juin, soit quatre semaines de traversée. Mais là, on est encore loin du compte : le bateau est toujours à quai … c’est attachant, l’Afrique. Je fonce en ville prendre le wi-fi et les dernière nouvelles, qui ne sont pas fameuses, puis je reviens à bord. Les récits d’autres voyageurs me font craindre le pire pour le motorhome, tandis que l’équipage redoute les passagers clandestins : « Too much papers … ». C’est pourquoi, depuis notre arrivée à Dakar, un matelot est posté en permanence près de notre camping-car et que l’accès à l’ascenseur qui mène aux cabines est cadenassé, de même que les canots de sauvetages et les différents accès sur le périmètre du navire. Le second m’explique que ça restera comme ça jusqu’après le départ de Banjul, notre prochaine escale. Il y a même une cabine transformée en cellule, juste au cas où … Après une inspection complète, le navire quitte le port et navigue au large des côtes en direction de Banjul. Bien que distant d’une quarantaine de kilomètres des terres, le Grande Angola croise de nombreuses barques de pêcheurs, sans autre équipement qu’un petit moteur et quelques filets de pêche.

8h49.
8h49.

 

Un classique.
Un classique.
Viens chez moi ...
Viens chez moi …
Bien entouré.
Bien entouré.
No way !
No way !

18 juin 2016 – #29 – Ancrage devant le port de Banjul

Banjul
Banjul

C’est dans la matinée que le cargo va s’ancrer au large de Banjul, dont le port affiche complet en ce moment : il y a déjà trois bateaux à quai. La capitale de la Gambie n’est qu’une toute petite ville sise à l’embouchure du fleuve Gambie, qui a donné son nom à ce petit pays d’environ 300 kilomètres de long pour, au maximum, 50 kilomètres de large et coupé de part en part par ce fleuve nourricier. C’est le port de Banjul qui assure au pays, totalement enclavé dans le Sénégal, quasi 90 % des échanges commerciaux. Inauguré en 1972, il est reconnu comme étant un des plus sûrs et efficaces de la région, offrant de l’équipement et des techniques modernes. Tel le vante du moins son site internet. Vu du pont du bateau, à l’aide de puissantes jumelles, le port fait triste mine, on est loin des infrastructures de Dakar, classé 9ième port du continent africain. Ici, je ne distingue pas la moindre grue ni engin de manutention, c’est d’ailleurs là qu’un navire comme le nôtre trouve toute son utilité : équipé de deux grues Liebherr de 40T, d’une rampe d’accès latérale monumentale (ouverture de 8,5 mètres de large pour 6,9 mètres de hauteur libre), et de tous les engins de manutention modernes, il n’a besoin que d’un quai solide sur dix mètres d’eau pour faire son travail de transport de fret qui reflète à lui seul l’univers de la mondialisation. Le site internet du port de Banjul vante également les facilités de ses procédures et le fait qu’il n’y ait eu aucun acte de piraterie enregistré dans son ancrage. Nous en sommes fort aises, ce qui n’empêche pas deux matelots, l’un à la poupe et l’autre à la proue, de monter la garde en permanence.

Banjul.
Banjul.

19 juin 2016 – #30 – Ancrage devant le port de Banjul
Rien à signaler pour aujourd’hui. Pas de navigation, pas de dauphin, pas de pirate. Juste un succulent dessert, régalé par le Capitaine Moustache, qui monte encore de quelques crans dans notre estime. Il faut dire que cet après-midi, en grand-père averti, il n’a pas tari d’éloge sur nos gamins, qu’il trouve très sages et polis. Vu les années de travail acharné que cela représente, ceci nous va droit au cœur. Bref, après le fruit du jour, de la pastèque, on a tous reçu un bon morceau de gâteau élaboré dans la meilleure pâtisserie française de Dakar.

C'est du gâteau !
C’est du gâteau !

 

Bon app'
Bon app’
A star is born.
A star is born.

20 juin 2016 – #31 – Port de Banjul
Un des trois navires qui squattait l’unique quai du port a enfin cédé sa place, le Grande Angola peut s’y engouffrer tandis que sept bateaux sont toujours en attente dans l’estuaire. Toute la journée, nous voyons des officiels défiler dans le navire, faire du bruit et repartir les mains remplies : fardes de cigarettes, caisses de bananes, bouteilles d’alcool fort, seaux de poudre à lessiver, trails de canettes, etc. Du coup, en fin de journée, le 3rd mate nous annonce que nos « shore pass » sont prêts, ce sont les fameux sésames qui permettent de quitter le bateau et la zone portuaire pour aller se promener en ville. Comme pour les autres escales, nous n’avons rien à débourser pour cela, contrairement à d’autres passagers qui doivent habituellement s’acquitter ici d’une solide taxe pour le visa, bien que rien ne soit officiel à ce sujet. Ce sont généralement les Français qui sont visés par cette ponction au bon vouloir des autorités en charge et de la capacité des officiers du navire à arranger l’affaire. Sur ce coup-là, on peut remercier notre Capitaine Moustache. Pas de dessert extraordinaire aujourd’hui, mais le cuistot ne résiste pas au plaisir de nous présenter des énormes langoustes qui seront au menu prochainement.

Langouste.
Langouste.

14 Banjul

Banjul.
Banjul.
Banjul.
Banjul.
Banjul.
Banjul.

21 juin 2016 – #32 – Port de Banjul
Ramadan oblige, toutes les activités cessent à l’heure dite pour une longue période et ne reprennent que tard dans la nuit, quand la chaleur accablante de la journée se dissipe, ce qui explique que les nuitées sont assez bruyantes et les réveils matinaux. C’est trop dommage d’être à Banjul et de ne pas sortir en ville, j’y fais un tour en solo. Les rues sont assez sales et encombrées, parfumées par les fumées des nombreuses MB190D, increvables voitures qu’on rencontre partout en Afrique. Je trouve un îlot de calme et de fraicheur en la Cathédrale de Notre-Dame de l’Assomption, dont le vicaire m’ouvre les portes. Je n’ai absolument rien à y confesser et je poursuis jusqu’au monument « Arche 22 », érigé selon les plans de l’architecte Goudiaby pour les générations présentes et futures, qui commémore la révolution des héroïques et patriotiques soldats de l’armée nationale gambienne sous le leadership du capitaine Jammeh, président des forces armées du conseil de gouvernance provisoire en accord avec la nouvelle vision nationale de responsabilité, de transparence et de probité basée sur les droits humains et la justice sociale.

Welcome pack.
Welcome pack.
Cathédrale.
Cathédrale.
Mosquée.
Mosquée.
Devise.
Devise.
Noé ?
Noé ?

 

Ohé, du balcon.
Ohé, du balcon.
Il m'attend.
Il m’attend.

En bref, il y a eu un coup d’état le 22 juillet 1994. L’arche est érigée à la gloire du putschiste, qui n’est autre que l’actuel président dont la résidence est gardée par des militaires qui m’ont interdit toute photographie. Ah oui, j’oubliais que l’arche symbolise aussi l’espoir que la nation place en son futur et sa volonté de développer son pays. D’aucuns diront que c’est l’intention qui compte et la mienne est de retourner auprès des miens. Mon ton sévère et ma mine austère doivent impressionner les officiers qui ont profité de mon absence pour s’entretenir avec mon épouse dont le charme avenant incite au dialogue. Je surprends même le Capitaine lui parler de saucisse. Encore un barbecue qui se profile à l’horizon.

Décollage.
Décollage.
Approche.
Approche.
Impact !
Impact !

22 juin 2016 – #33 – Port de Banjul
Les journées se suivent et se ressemblent sur le quai du port de Banjul où toute activité humaine tourne au ralenti. Les voitures pas si vieilles du vieux continent sont à présent toutes déchargées et ont cessé d’encombrer la zone de manutention. Objets des désirs occidentaux, aussi éphémères qu’une campagne publicitaire, elles feront ici de vieux jours pour les plus nantis, et seront usées jusqu’au dernier éclat de rouille, chargées selon des lois locales qui sont autant de défis aux critères de dimensionnement des ingénieurs et inlassablement réparées, comme par pied de nez à tous les mécaniciens d’Europe. Du haut de notre nid d’aigle, nous observons ce semblant d’activité qui a finalement moins de succès qu’une colonie de fourmis : ça n’avance pas et l’équipage commence à désespérer.

(j'ai parfois l'impression de foncer droit dans le mur)
(j’ai parfois l’impression de foncer droit dans le mur)
May Day.
May Day.

J’aperçois un jeune éphèbe sur la berge qui, loin de se soucier de ces questions de rendement, d’efficience et de productivité, procède courageusement à ses ablutions dans les eaux saumâtres du port. Malgré la distance, je distingue parfaitement qu’il est nu comme un ver (le brave homme est gâté par la nature) et je m’abstiens donc de mentionner sa présence à mon épouse.

Ils s'en tamponnent !
Ils s’en tamponnent !

23 juin 2016 – #34 – Port de Banjul
Grimaldi et le container maudit. Depuis trois jours que nous sommes amarrés, un container sans toit, vide de surcroît, fait de piètres tentatives pour intégrer le pont avant du navire. Maintes fois déplacé, maintes fois soulevé, il retourne inlassablement obstruer le quai pour se forger une légende. Mais cette fois, c’est la bonne. Toute une équipe est mobilisée pour le dompter. Deux hommes sont à terre (en fait, sur le toit du container d’à-côté) pour guider le palan que le grutier déplace les yeux fermés. Quand, enfin, il se décide à les ouvrir bien grands, la terre arrête de trembler et son bonus-malus pousse un soupir de soulagement. Sur le pont du bateau, quatre acrobates à la cime d’une pile de boîtes jouent une pièce de vaudeville qui serait comique s’ils n’étaient pas perchés à plus de dix mètres de hauteur, sans protection aucune. Les deux plus âgés gesticulent des instructions au grutier, tels des chefs d’orchestres à la sensibilité musicale diamétralement opposée : ils ne sont pas au diapason. De toute façon, le grutier n’en fait qu’à sa tête, persuadé qu’il est au niveau expert du dernier jeu vidéo à la mode. Pendant ce temps-là, les deux plus jeunes nous font des coucous chaque fois que le container les découvre à nos yeux, si bien que Catherine me dit : « Il doit y avoir beaucoup de vent ». Mais le pavillon reste lâche, Eole ne peut être mis en cause. Au sol, le troisième officier ne se tire pas les cheveux car il a un casque, mais il nous lance de ces regards d’appel au secours que seule une boite de Xanax, ou à la rigueur une Stella bien fraîche, pourrait soulager. Arrive le premier officier qui n’est autre que le second du capitaine. Une fois sur place, il donne des instructions à un dixième larron qui traduit en langue des signes au grutier, déjà prêt à abandonner la partie, au bout de sa life.
29 Banjul

30 Banjul

31 Banjul
L’opération, tantôt cocasse, tantôt angoissante, aura pris environ trois quarts d’heure pour, contre toute attente, finalement aboutir à un succès sans précédent, fruit d’un véritable travail d’équipe dont chaque membre pourra fièrement dire qu’il en était. Tout ça, rappelons-le, pour un container vide, sans toit (ni loi). Un peu à bout de nerf, l’équipage prend la poudre d’escampette en fin de journée, tandis que deux containers arrivaient encore sur le quai. La dernière amarre n’est larguée qu’après moult efforts : plus d’une demi-heure et pas moins de sept agents du port autour de la même bite (d’amarrage).

Larguez ces p*t%µn d'amarres !
Larguez ces p*t%µn d’amarres !

Ainsi affranchi du bon – ou mauvais – vouloir du personnel du port, le Grande Angola n’a plus qu’à attendre la marée haute pour passer le haut-fond à l’embouchure du fleuve Gambie. C’est chose faite vers 21h et le navire entame sa longue remontée de l’océan Atlantique Nord pour arriver à Hambourg d’ici une semaine, après avoir parcouru un peu plus de 5.000 kilomètres.

24 juin 2016 – #35 – Navigation au large des côtes africaines
Le ciel est couvert, l’air est frais, le bateau fend l’eau à la vitesse moyenne de 33 km/h, soit près de 800 kilomètres par jour. Le Capitaine a augmenté la cadence pour compenser le retard pris à Banjul et assurer le planning dont la date critique est l’arrivée le 1er juillet au port d’Hambourg. En attendant, nous avons droit dans l’après-midi à la visite de la salle des machines. Pour des raisons de sécurité, les kets restent dans la « salle d’attente », le lobby des officiers qu’ils sont ainsi renommé, devant un dessin animé qui nous garantira des enfants sages comme des images le temps de la visite. La salle des machines est située au deuxième pont, logiquement sous la ligne de flottaison vu que le puissant moteur MAN, dont les huit cylindres qui développent 19.040 kW à 105 RPM (révolutions par minutes) entraîne l’hélice qui meut à elle seule ce grand cargo. Le bruit est assourdissant et la chaleur écrasante, de sorte que les ingénieurs restent dans la salle de monitoring en permanence, alors que seuls les pauvres techniciens mettent réellement les mains dans le cambouis.

L'échappée (belle).
L’échappée (belle).

 

...dos au mur.
…dos au mur.

Le bateau possède aussi sa propre centrale de production d’eau douce, à partir de l’eau de mer, de même qu’une centrale de traitement des eaux grises qui sont purifiées avant d’être rejetées. Apparemment, il y a un problème avec les eaux noires qui sont stockées et doivent jouer le rôle de ballast : le navire penche à tribord depuis le départ de Banjul. En trente minutes, notre guide expédie la visite et répond le regard éteint à nos questions, tout en nous interdisant de prendre la moindre photo. C’est que notre guide est un roumain âgé, il a grandi sous le régime de Ceausescu. C’est donc tout ce qu’on verra des entrailles du navire et le salut de la journée viendra par le barbecue qui nous offrira quelques filets mignons en plus des saucisses au sujet desquelles mon épouse avait déjà été entretenue avec passion. Elle trouve d’ailleurs une place de choix (mon épouse, hein, pas la saucisse) à côté du Capitaine qui me relègue auprès des kets pour justement couper leurs saucisses (on se comprend, n’est-ce pas).

Un cadre original.
Un cadre original.

38 Altantique

25 juin 2016 – #36 – Navigation au large des côtes africaines
Plus le navire remonte vers le Nord, plus la mer s’agite. Elle a résolument abandonné son aspect lacustre pour retrouver de belles ondulations où se forment ça et là quelques panaches dont l’écume (des jours) s’évanouit dans le vent. En bon marin qui se respecte notre ami La Raie nous annonce des creux d’au moins cinq mètres. Mais attachez-lui les mains et les creux ne seront plus que de quatre mètres. Nous sommes ainsi non seulement dans le vent, mais aussi parfois dans le creux de la vague, fort heureusement jamais longtemps : nous redressons la barre à chaque nouvelle vague. Changement d’heure cette nuit : l’Europe se rapproche.

Et ça se gâte.
Et ça se gâte.

26 juin 2016 – #37 – Navigation au large des côtes africaines
40 Atlantique
J’avais estimé que c’est en deuxième partie de nuit que nous longerions l’archipel des Canaries. Alors que je monte ce matin dans la wheelhouse, le navire s’en écarte déjà, mais les GSM captent quelques instants le réseau cellulaire espagnol, le temps d’apprendre une triste nouvelle. La doyenne de la famille s’est éteinte. Repose en paix, Mamy Namur. Impossible pour Catherine d’arriver à temps pour les funérailles de sa Grand-Mère, mais elle échange quelques mots avec sa Maman au téléphone. C’est la hantise de tout voyageur au long cours, et un des lourds tribus à payer pour une telle aventure : l’absence à ces moments importants qui jalonnent la vie de la famille et des amis restés au pays, tels que les naissances, les mariages, les séparations, et les décès. Une fois de plus, merci encore à nos proches qui ont enduré voire souffert cette longue absence pour nous laisser vivre notre rêve. Nous serons bientôt de retour parmi vous.
41 Atlantique

27 juin 2016 – #38 – Navigation au large de l’Europe

It's the final countdown.
It’s the final countdown.

43 Atlantique
Mon épouse, perspicace comme toujours, observe que la carte marine a été changée. Mais oui, nous sommes déjà/enfin de retour en Europe. Pour autant, les journées se suivent et j’ai constaté un phénomène remarquable : plus on glande, plus elles passent vite ! Sur le pont, nous discutons avec notre ami La Raie, il nous explique avec moult complaintes le difficile régime des officiers marins : quatre mois en mer suivis de deux mois à terre. Un matelot philippin ne rate rien de la conversation et nous glisse en douce que pour eux, c’est huit mois en mer. C’était quoi encore, cette phrase lue sur l’île de Gorée à Dakar : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » ?

Ma lumière est dans l'ombre.
Ma lumière est dans l’ombre.
Il est scotché.
Il est scotché.

28 juin 2016 – #39 – Navigation au large de l’Europe
Nous entamons aujourd’hui la « semaine de bonus », vu qu’on était censés arriver ce matin à Anvers. Par la même occasion, nous changeons encore l’horloge pour retrouver le fuseau horaire de la Belgique. Pourtant, on jouera encore avec nos montres entre Hambourg, la prochaine escale, et Anvers, notre destination, vu qu’un arrêt est également prévu à Tilbury, près de Londres. Nous passons le Finistere espagnol en fin de matinée et captons ainsi pendant quelques minutes les réseaux cellulaires continentaux, le temps d’échanger quelques messages avec la famille avant de s’engager dans la redoutée baie de Biscay, heureusement très paisible pendant l’après-midi.

Que du bonus !
Que du bonus !

29 juin 2016 – #40 – Navigation dans la Manche
Ça a remué cette nuit. On a mal dormi. Jusqu’à présent, on était plutôt bercés par les mouvements du bateau. Là, on est plutôt secoués. Disons qu’on a vaguement dormi quelques heures. La baie de Biscay reste finalement fidèle à sa réputation, tout comme l’English Channel (La Manche) dans laquelle le Grande Angola s’est engouffré dans la matinée. Le trafic maritime y est si intense que des « routes » sont tracées, l’une pour la montée, l’autre pour la descente. Génial : durant cette semaine de bonus, nous recevons encore une journée de bonus. Débarquement à Anvers le 6 juillet au lieu du 5.

Nouvelles recrues.
Nouvelles recrues.
On duty.
On duty.

49 Atlantique

Info-trafic.
Info-trafic.

30 juin 2016 – #41 – Navigation en mer du Nord
Toujours sur cette bateau-route maritime, le navire poursuit sa progression, passant au loin de quelques plates-forme pétrolière et champs éoliens. On bénéficie successivement des réseaux cellulaires anglais, néerlandais et enfin allemands, ce qui nous permet de communiquer avec la famille. En fin de journée, le pilote du port de Hambourg monte à bord pour remonter l’Elbe sur quelques 140 kilomètres jusqu’à ce grand port européen (troisième derrière Rotterdam et Anvers) qui emploie plus de 10.000 salariés directs. Si sa devise est « Tor zur Welt » (Entrée sur le Monde), il s’agit pour nous quasi de la sortie !

Ils sont formidables.
Ils sont formidables.

52 Atlantique

See you soon.
See you soon.

1er juillet 2016 – #42 – Port de Hambourg
54 Hambourg

55 Hambourg
C’est en milieu de de nuit que le Grande Angola vient s’amarrer derrière le Grande Dakar au port de Hambourg, fondé en 1189 par l’empereur Frédéric Barberousse en personne. Couvrant aujourd’hui une superficie de 87 km², ce port est particulièrement imbriqué dans la ville : de l’autre côté du fleuve, se dresse déjà l’Elbphilharmonie qui n’a pas encore ouvert ses portes, mais n’en est pas moins fameux avec son orchestre situé au milieu de l’auditoire. La sortie est facile et le métro nous dépose en quelques minutes en plein centre, à la monumentale station « Hauptbahnhof ». Armé d’un plan de la ville, nous partons à l’attaque de quelques beaux monuments, d’une plaine de jeux (et même deux), et d’un café avec wifi.

Rathaus.
Rathaus.
Hambourg.
Hambourg.
Souriez, vous êtes filmés !
Souriez, vous êtes filmés !
Elbphilharmonie.
Elbphilharmonie.

Nous retiendrons le Chilehaus, le premier quartier d’affaires européen globalisé, construit dans les années 20 (ils étaient encore plein d’espoir, dans l’entre-deux guerres), ainsi que les nombreux ponts et canaux qui mènent au Rathaus, l’hôtel de ville construit en pierres de sable et comptant 647 salles. Les kets retiendront le magasin Lego (j’ai été moi-même bluffé), le square de la Burchardstrasse et la plaine de jeu du Grasbrookpark. Et les gros morceaux de küchen qu’on a préféré aux traditionnelles bradwürst.
57 Hambourg

Küchen.
Küchen.
C'est renversant !
C’est renversant !

63 Hambourg
Pendant ce temps-là, l’équipage et le personnel du port n’a pas chômé : notre pont de promenade est encombré de voitures destinées au marché africain tandis que les modèles neufs trouvent places à l’intérieur de navire voire même dans des containers pour les plus luxueux. A bord, c’est un peu la cohue : une bonne partie du personnel doit sortir à Anvers, du coup les remplaçants montent à Hambourg et toutes les cabines sont occupées. Des nouvelles têtes, des nouvelles habitudes : pas évident d’arracher un bonjour ni même un sourire. Education minimum. O tempora, O mores.

2 juillet 2016 – #43 – Navigation sur l’Elbe et la Manche
Le Grande Angola a largué les amarres vers 6h du matin, j’étais encore bien au chaud dans mon lit, Alexis près de moi. Quand nous avons enfin daigné émerger, le navire quittait l’Elbe pour s’engager dans la Manche. Nous y retrouvons de vaste champs éoliens, des plates-formes et énormément de navires en tout genre, et quelques très rares voiliers de plaisance, presque des confrères vu que nous ne sommes que des plaisanciers sur un navire marchand !

Compagnie offshore.
Compagnie offshore.
Eole.
Eole.

 

66 Manche

Article suivant.