Ladakh (Inde) : Juin-Juillet 2007

Qui : Nico et Marc, deux amis d’unif

Quand : juin-juillet 2007

Comment : vol sec et sac à dos, transports locaux

Quoi : Compilation des mails envoyés à la famille et aux amis pendant le voyage


20 juin 2007 – Marc et Nico au LADAKH

Bonjour à tous,

Ce dimanche 24 juin 2007, je pars avec Marc en Inde pendant 18 jours.

L’objectif du voyage est de faire une randonnée de quelques 10 jours dans les hautes vallées du Ladakh (au nord de l’Inde, entre les montagnes de l’Himalaya et du Karakorum).

L’itinéraire prévisionnel est le suivant : Bruxelles – New Delhi – Leh – Trek « Vallée de la Markha » ou similaire – Leh – New Delhi – Bruxelles.

J’enverrai des mails, mais pendant les 10 jours de trek, il ne sera pas possible d’envoyer de nos nouvelles.

Merci de me prévenir s’il faut changer, ajouter ou supprimer une adresse e-mail.

A bientôt,

Nico, en pleine préparation.

 

25 juin 2007 – Marc et Nico au LADAKH : LEH (1)

Bonjour à tous,

Enfin arrivés à destination.

Le voyage fut long, long, long : décollage de BXL à 7h15, puis à Milan, nous avons profité de l’hospitalité de la lounge VIP de Alitalia (on a failli en rater la correspondance pour New Dehli, mais Marc fut vigilant).

Puis on a fait Milan-Delhi en 7h30, et arrivés à New Delhi à 22h00, on a été é-cra-sés par la chaleur moite (36 degrés en pleine nuit).  Ensuite, on a passé le reste de la nuit transbahutés de salle d’attente en poste d’enregistrement et de contrôle, ce qui a donné l’occasion à Marc de perdre ses lunettes de lecture… Le vol Delhi-Leh fut court (1h) et magnifique car nous étions bien placés, du côté gauche, ce qui permet d’avoir une vue imprenable sur les montagnes.

A l’aéroport, un gentil Ladakhi nous attendait avec un panneau indiquant mon nom : la classe.  On est monté avec une française un peu perdue dans un taxi et on a pris une chambre (séparée, bien sûr!) à la Tongspon Guesthouse (située Fort Road, avec petit-déjeuner et salle de douche).  Il fait très beau, et très chaud au soleil, mais agréable à l’ombre.  L’auberge est confortable, propre et dispose d’eau chaude (de 7h00 à 15h00) pour la douche.  Les Ladakhis parlent bien anglais et heureusement, parce qu’ils ne comprennent rien aux quelques mots de ladakhi (la langue locale) que j’avais étudiés dans l’avion.

On a fait une petite sieste et là, je suis complètement groggy, d’où le style un peu décousu de ce mail.  Aujourd’hui, on va gentiment se reposer (après les 25 heures de voyage) et s’acclimater à l’altitude (3.500 m à Leh, capitale du Ladakh).

Maintenant, on va faire connaissance avec les spécialités locales : j’ai très faim.  Et Marc aussi.

Gros bisous à tout le monde.

Nico – cassé de chez fracassé.

PS 1 : Vu la lenteur de la connexion Internet, je ne pourrai pas répondre de manière personnelle, mais vos mails sont les bienvenus.

PS 2 : Clavier QWERTY = je ne me casse pas la tête avec les accents (je le ferai à Bruxelles lors de la compilation des mails).

 

Leh
Leh

26 juin 2007 – Marc et Nico au LADAKH : LEH (2)

Bonjour (Djulé),

Leh n’est pas à proprement parler une belle ville, mais elle a quelque chose de fascinant et d’attachant.  Tout d’abord, elle est lovée au fond d’une vallée à 3.500 m d’altitude, entourée de montagnes très arides et au sommet enneigé pour les plus hautes (plus de 6.000 m).  Ensuite, il y a les Ladakhis, qui me semblent profondément gentils et attachants.  Mais bon, pas trop de sentimentalisme : il y a quand même des liens commerciaux entre nous et eux aussi.  Et enfin, et ce n’est pas forcément le mieux, il y a les touristes, certains comme nous, en mal de Koh-Lanta et en recherche d’aventures et d’exploits sportifs (en fait, on est là aussi pour la beauté des paysages), et d’autres, genres baba-cool post-68-ards néo-mangeurs de riz.

Hier, on n’a carrément rien foutu, et c’était carrément agréable.  Après mon petit mail du matin, j’ai fait une bonne sieste mais pas trop longue, afin de se mettre dans le rythme directement, puis on s’est englouti une grande assiette de riz et un gros pancake pendant que des suisses nous racontaient leurs (més)aventures et leurs projets humanitaires.

Après ça, nous avons pris nos premiers contacts avec une agence, celle de Tundup, dont le frère Nurboo était venu nous accueillir la veille à l’aéroport pour nous mener à son auberge, assez bien tenue.  Nous avons déambulé dans les petites rues poussiéreuses,  perturbées ci et là par le klaxon des voitures évitant nos orteils de peu.  Nous avons commandé un milk-shake local (lasshi) à la banane sur une terrasse en toiture d’où nous jouissions pleinement du panorama, avec entre autres la vue sur le monastère et le palais du roi Namgyal nous surplombant de quelques dizaines de mètres. Puis, Marc a refait une sieste, de même qu’Alicia, la Française, mais pas ensemble, ou du moins pas à ma connaissance, parce que pendant ce temps, je lisais le guide et j’écrivais mes mémoires pour la postérité.

Ensuite, le ciel s’est couvert, et ce n’était pas plus mal parce qu’il tape incroyablement fort ici (protection indice 50 indispensable) et nous avons mangé des plats indiens soi-disant pas trop épicés.  Puis, on s’est couché à l’heure des vaches, vers 20h30 (il était alors 17h00 en Belgique).  La nuit fut animée par la pluie (qui a cessé entre-temps) et par des touristes dans l’auberge qui passaient leur soirée à refaire le monde mais qui n’ont fait que défaire notre nuit avec leurs trois accords de guitare à la mords-moi le nœud.

Ce matin, nous avons eu droit à un petit-déjeuner frugal (thé au lait et toast à la confiture d’abricot, l’abricot étant une spécialité locale), puis nous avons conclu le deal avec Tundup, de l’agence Tsarap Adventures Zanskar, qui nous avait été recommandée par des Belges (ceux-ci nous avaient par ailleurs confié un colis contenant chocolat, vêtements et photos que nous avons remis en main propre à Tundup ce matin).  Nous partons donc demain, juste Marc et moi, pour un trek de 8 jours : le trek de la Markha Valley, longeant en partie la rivière du même nom.

Aujourd’hui, on va simplement faire une petite mise en jambe et visiter un gompa (monastère) et un stupa (chorten).

Gros bisous,

Nico – on the road again

PS : Pas de mail pendant 8 jours (sauf peut-être ce soir pour raconter la journée)

 

Leh
Leh

26 juin 2007 – Marc et Nico au LADAKH : LEH (3)

Bonjour,

Une journée bien remplie à Leh.  Après le mail matinal, nous sommes partis (Marc, Alicia la Française et moi) à pieds jusqu’au Shanti Stupa où on arrive en une demi-heure et après une solide montée des marches, et d’où on a une vue magnifique sur la vallée de Leh et les montagnes avoisinantes.  Ce stupa a été érigé par les Japonais, il est porteur d’un message de paix.

Après un bon pancake au miel comme en-cas, nous sommes repartis, vers les hauteurs de Leh, en direction du Sankar Gompa, un monastère tenu par des jeunes moines bien sympathiques qui nous ont convié à assister à un Jula, un office religieux bouddhiste qui se tient à 18h00, c’était très prenant, avec du chant et de la musique (cloche, tambour et cymbales).

Pendant ces petites promenades, on met plein de crème solaire, une casquette, et on s’est offert un magnifique châle aux couleurs bariolées pour se protéger au mieux car le soleil tape. Aïe.

Ce soir, on doit préparer nos affaires pour trek : départ demain matin à 7h30, pour une durée de 8 jours, sans nos nouvelles comme déjà annoncé.  C’est Tashi notre guide, nous l’avons rencontré aujourd’hui, il est très gentil. Forcément, on les clients, il ne va quand même pas être méchant.

Nico – dans les starting-blocks.

 

3 juillet 2007 – Marc et Nico au LADAKH : LEH – retour du trek – partie 1 (4)

Bonjour tout le monde,

J’espère qu’on vous a manqué ! Voilà, on est rentré du trek, tout c’est bien passé.  Une journée type de randonnée, c’est :

* réveil à 5h30, petit-déjeuner et préparation du paquetage

* départ vers 7h00, randonnée : ça monte et ça descend, parfois une petite pause pour boire

* lunch à 11h (le matin, on reçoit une gamelle avec notre plantureux repas qu’on mange en improvisant un petit pique-nique champêtre)

* arrivée au camp entre 12h et 14h, selon la durée des étapes

* successivement thé avec des biscuits, en-cas (plat de riz ou de pâtes) et dernier repas vers 18h30

* dodo vers 21h00

Voici maintenant les faits marquants de notre trek de la vallée de la Markha, au jour le jour :

Jour 1 (27/06) : Après une nuit très agitée, toutes les conditions sont réunies pour annuler le trek : je suis pris de crises d’ophtalmie, alors que Marc est en train de se lier d’amitié avec la toilette de notre suite royale.  Heureusement pour moi, on avait pris des gouttes d’Uvesta (collyre pour les yeux), et avec un bandage compressif, je tiens le coup.  Marc quant à lui s’est montré très généreux avec la toilette, et prenant notre courage à quatre mains, on se met en route : une jeep vient nous chercher pour nous mener à Spituk, petit village point de départ du trek, où nous attendent les quatre chevaux que l’on charge de nos sacs, des tentes, du matériel et des vivres pour une semaine.  C’est parti mon kiki, dixit Tashi, notre guide.  Les premières heures de marche ne sont pas des plus comiques : il fait plus de 35 degrés, on est en plein soleil, on marche sur des cailloux, des cailloux et encore des cailloux et on se fait envahir par des mouches.  Pris dans ces opérations belliqueuses, je n’hésite pas en exécuter quelques-unes, pour l’exemple, alors que je soupçonne Marc d’en avaler quelques autres.  Très fatigués, nous arrivons au campement vers 14h00, et nous passons l’après-midi à nous reposer.  Nous nous lavons même dans le ruisseau : Marc se retrouve complètement à poil (et ce n’est pas peu dire car il est très poilu!) accroupi dans le ruisseau pour se rincer (j’ai les photos, mais elles sont X-rated).

Question du jour : comment faites-vous pour porter vos bagages?

Réponse : en tant que touristes occidentaux nantis et pas si téméraires que ça, nous avons pris les services d’une agence locale, qui a mis à notre disposition pour le trek (moyennant rétribution) : un guide (Tashi), un cuistot (Chulden) et un horseman (Tsering), ainsi que 4 chevaux qui portent tout notre bardaf.  Nous avons néanmoins croisé des touristes, motivés et courageux (ou sans le sous), qui transportaient eux-mêmes leurs affaires, et c’est tout à leur honneur.

Jour 2 (28/06) : Nous partons de bonne heure et enfin, les paysages changent : jusqu’ici on était sur des terres arides, mais nous pénétrons à présent dans des vallées encaissées, parfois même des canyons ou des gorges.  Certains sentiers à flan de montagne sont tellement étroits qu’on sait seulement y mettre un pied.  Nous dépassons rapidement les 4.000 m et l’ascension se fait plus difficile, nous croisons en chemin un couple de suisses avec un petit garçon de 7 ans, vaillant le ket!  Un moment, je crois voir une parabole, mais non : il s’agit en fait d’un réseau parabolique de miroirs servant à chauffer de l’eau dans une bouilloire.  Nous passons alors un village composé de trois maisons en terre cuite, sans électricité, sans eau courante et sans rien du tout au fait, si ce n’est avec tout ce que la nature offre de meilleur. Arrivés à 4.400, nous posons le camp et profitons du paysage.

Question du jour : comment faites-vous pour aller à la toilette?

Réponse : soit on n’y va pas, soit on va en pleine nature, en trouvant alors un endroit propice, c’est a dire à l’abris des regards indiscrets.  On prend du papier et un briquet pour brûler ce dernier après utilisation.  Soit, parfois dans les campements, il y a une « toilette », ou plutôt un trou dans le sol, entoure de 4 murs (et parfois même d’un toit), et il faut alors bien du courage, car il n’a pas de chasse à tirer, mais tout juste au mieux un peu de terre à pousser dans le trou.

Jour 3 (29/06) : Nous devons passer aujourd’hui notre premier col, le Ganda La.  L’ascension est lente et longue, nous profitons des moments de répit pour observer des animaux, dont j’ai oublié les noms ladakhis, mais qui correspondent chez nous à des marmottes, des lièvres, des mulots et des bouquetins.  Nous approchons du col et nous marchons en file indienne, très éparpillés, en fonction des capacités physiques de chacun des randonneurs.  Je m’aide de bâtons télescopiques de randonnée pour épargner mes genoux qui me font déjà bien mal.  A quelques foulées derrière moi, j’entend le souffle, ou plutôt le râle de Marc, qui suit le guide comme une brebis suivrait son berger.  Nous arrivons enfin au col, à 4.920 m, il y fait froid et venteux, avec du brouillard.  On fait les traditionnelles photos et nous redescendons à un rythme endiablé (pour les connaisseurs, nous sommes montés avec une moyenne de 5 m/min, nous sommes descendus avec des pointes à 17 m/min).  Depuis deux jours, le ciel est couvert, ce qui nous épargne la chaleur et ce qui m’évite de me trimballer avec mon parapluie faisant office de parasol. Nous arrivons au camp vers 13h30.

Question du jour : comment faites-vous pour vous laver?

Réponse : soit on ne se lave pas, et tant pis!  Soit, on se fait la toilette avec des petites lingettes humides.  Soit enfin, dans le meilleur des cas, on se trouve un endroit isolé, histoire de n’effrayer personne, on se déshabille et on se lave dans l’eau glacée du ruisseau : il paraît que c’est bon pour la circulation sanguine.

Voilà, je suis un peu fatigué de taper, alors vous aurez la suite demain.

Gros bisous,

Nico qui s’en va prendre une bonne douche CHAUDE!

Trek
Trek
A table.
A table.
Trek
Trek
Trek
Trek
A table.
A table.

4 juillet 2007 – Marc et Nico au LADAKH : LEH – retour du trek – partie 2 (5)

Bonjour,

Comme la nuit fut bonne, dans un vrai lit!

Hier soir, lassé de la nourriture bio-végétarienne au riz, on s’est offert une pizza bien occidentale. Pour ceux qui hésitaient à son sujet, Tsering, le horseman, n’est pas un centaure, c’est tout simplement le monsieur qui s’occupe des chevaux, une sorte de palefrenier. Ce matin, nous avons pris un petit-déjeuner léger, puis après le mail, on va s’envoyer un bon gros pancake avant d’aller visiter le palais royal et de revoir Tundup, le responsable de l’agence Tsarap pour réserver notre prochain trek. Voici donc la suite de notre premier trek (Markha Valley) :

Jour 4 (30/06) : Après une bonne nuit dans le camp de Skyu, nous repartons vers 7h00 pour le village de Markha.  Comme le dénivellé est faible pour cette étape (environ 400 m en positif), cela a un sens de parler de la distance : 18 km à une altitude moyenne de 3.600 m.  En une heure, on rattrape le couple suisse parti alors qu’on commençait le petit-déjeuner : je crois qu’on tient le bon rythme, Marc et moi.  Entre-temps, Marc est guéri de ses soucis intestinaux, mais je poursuis le traitement à l’Uvesta pour mes yeux, ce qui me permet de tenir le coup, d’autant plus qu’avec les nuages, l’intensité lumineuse est moindre.  Avant d’arriver à Markha, nous traversons la rivière du même nom à gué : il y a beaucoup de courant, et l’eau est très froide, mais c’est marrant.  Arrivés au bivouac, on se repose et on se lave dans la rivière.

Question du jour : Comment sont les chemins?

Réponse : il s’agit généralement plutôt de petits sentiers que de grands chemins de randonnée. De plus, pour ne pas abîmer la végétation, déjà si rare, on marche en file indienne en suivant le sentier.  Parfois, il n’y a carrément pas de sentier, celui-ci ayant été emporté par la dernière grosse averse, et dans ce cas, on improvise, marchant parfois dans le lit de la rivière, ce qui crée autant d’occasion de se fouler une cheville, vu les pierres.  Si vous êtes perdus, suivez les crottes de cheval les plus fraîches…

Jour 5 (1/07) : Nous quittons le camp de Markha et de nouveaux passages à gué nous attendent. Au troisième passage à gué, nous pouvons dire que nous sommes plus aguerris (j’en suis fier, de celle-là), et nous n’attendons même pas notre guide, occupé à aider un groupe d’Allemands.  Après ces péripéties hydrauliques, la montée vers le camp de Thachungtse commence.  En chemin, nous voyons un vieux palais royal, haut perché sur la montagne, à présent complètement en ruines.  Nous passons systématiquement à gauche des stupas (on garde le stupa à main droite), comme le veut la tradition, même si cela nous impose un détour, et nous prononçons la locution : « oum ma ni pat me hou », ce qui, comme vous l’aurez saisi, est le pendant bouddhiste de « God bless you ».  Nous croisons également un groupe de bouquetins (shawas) sur la paroi montagneuse de laquelle des pierres tombent devant nous!  Ils attendent que nous passions notre chemin pour aller boire à la rivière. Nous arrivons au camp, à 4.300 m, vers 12h30 et nous faisons alors des étirements pour relaxer nos muscles ankylosés.  Plus tard, nous avons deux surprises : la première, le cuistot nous a fait une pizza.  Très bonne, aux champignons, cuite au four improvisé sur le réchaud à kérosène.  Il nous avait déjà fait goûter aux momos (raviolis farcis aux légumes) et aux shimos (pains cuits à la vapeur, à la méthode chinoise).  La deuxième surprise, c’est que les chevaux se sont fait la malle.  Pas seulement les nôtres, mais tous les chevaux.  Les horsemen devront passer la nuit à les rechercher.

Question du jour : Comment faites-vous pour boire?

Réponse : Marc a acheté un filtre Katadyn, sur les conseils de Françoise et Pascal (les deux belges du colis piégé, duquel Tashi a remis à qui de droit les photos en cours de route), ce filtre permet d’éliminer les particules fines jusqu’aux bactéries.  Après avoir filtré 4 litres d’eau d’un ruisseau ou encore mieux d’une source (2 litres chacun), on ajoute une pilule de Micropur, destinée à éliminer les virus, mais cela donne mauvais goût à l’eau.  En plus de cette eau, le cuistot Chulden nous prépare du thé au citron, du thé noir et même du lait en poudre.

Jour 6 (2/07) : Le réveil n’est pas glorieux : non seulement il a plu une bonne partie de la nuit, mais en plus, les chevaux restent toujours introuvables.  Les crêpes du petit-déjeuner nous réjouissent quand même et le guide nous propose alors de partir sans lui de sorte qu’il puisse attendre les chevaux et procéder à la levée du camp. Il nous indique donc le chemin pour le campement suivant (Nimaling), nous sommes censés en avoir pour 4h de marche.  Nous suivons alors un groupe avec son guide et au détour d’une montagne, nous avons vue sur le Kang Yatse, majestueuse montagne enneigée, dont le sommet qui culmine à 6.400 m est dans les nuages.  Nous sommes alors vers les 4.700 m : nous tutoyons le Mont-Blanc!  Après seulement deux heures de marche, nous arrivons au camp de Nimaling, à 4.850 m.  On se demande si on ne s’est pas planté quelque part : on a deux heures d’avance, on est 130 m trop haut en altitude (différence entre mon altimètre par rapport au guide Lonely Planet) et le camp est désert.  Après 1h30 d’attente insoutenable, nous sommes heureux de voir arriver Tashi avec les chevaux.  Comme on est resté sur notre faim de randonnée, après le thé, on pousse jusqu’a 5.020 m, histoire de mieux s’acclimater et d’avoir une meilleure vue sur le campement et sur le Kang Yatse, mais je pense que nous montons trop vite (un peu plus de 300 m/h) et au retour, nous sommes tous les deux pris d’un solide coup de barre. Nous passons alors le reste de l’après-midi à nous reposer.  Une nouvelle tuile pour moi : chaque fois que je me mouche, mon nez pisse du sang. Ceci est dû à l’air très sec, il paraît qu’il faut nettoyer le nez avec l’eau salée.  Le soir, après le dernier repas, nous recevons même du gâteau, puis nous allons dormir.

Question du jour : Que faites-vous contre le mal de l’altitude?

Réponse : Tout d’abord, on y va mollo, on prend le temps de s’acclimater.  Ensuite, on prend des aspirines et du Diamox.  Enfin, on essaye de ne pas dormir au point le plus haut de la journée.

Jour 7 (3/07) : La nuit fut très froide (7 degrés sous la tente) et il a même neigé sur notre camp.  L’estomac un peu noué, nous partons à un rythme volontairement lent pour la dernière ascension du trek, et non des moindres : le Kongmaru La, col affiché à 5.150 m.  Après une heure trente de lente ascension, nous arrivons au col, les altimètres indiquent alors 5.240 m.  Quoi qu’il en soit, nous n’étions encore jamais montés aussi haut.  Il y fait froid, il neige et on ne voit rien à 50 m, dommage pour la vue.  Nous ne traînons pas car 1.700 m de descente infernale nous attendent, sous la pluie de surcroît.  Mes genoux, rapidement en compote me font ralentir la cadence.  Comme la pluie ne cesse pas, nous décidons de grouper les deux dernières étapes, de laisser tomber les 10 derniers km et de rentrer un jour plus tôt.  En de nombreux passages, le sentier à flanc de montagne s’est éboulé, nous forçant à marcher dans le lit de la rivière torrentielle et à traverser celle-ci de nombreuses fois.  Nous plions tout de même cette étape en 6 h, et arrivons à Shang-Sumdo en début d’après-midi. Après 3h d’attente, à l’abris un parachute recyclé en tente, un taxi-jeep vient nous chercher.  Nous arriverons finalement à Leh vers 18h30.

Question du jour : Comment faites-vous les passages à gué ?

Réponse : Il faut choisir un bon endroit pour cela, de préférence là où c’est plus large (moins de débit) et là où il y a des remous (moins profond). Se méfier donc d’un passage étroit qui a l’air calme : ça risque d’être plus profond et avec plus de courant. Prendre éventuellement un bâton pour s’assurer d’un appui supplémentaire et marcher avec des sandales. Ne pas prêter d’attention au froid de l’eau et attendre d’avoir les pieds secs avant de rechausser (peau humide = peau tendre = cloques rapidement).

Voilà, je redonnerai de nos nouvelles ce soir, pour expliquer le nouveau trek en préparation.

Gros bisous et merci de vos réponses.

Nico – dopé aux globules rouges.

Les pieds mouillés.
Les pieds mouillés.
Trek
Trek
Trek
Trek
Oh qu'il est mignon.
Oh qu’il est mignon.
I've got 5 on it !
I’ve got 5 on it !
Trek
Trek
Soir
Soir
Matin
Matin
5.245
5.245
Des cailloux.
Des cailloux.

4 juillet 2007 – Marc et Nico au LADAKH : LEH (6)

Bonjour,

Vous êtes gâtés, trois mails en 24h, c’est pas mal, non? En fait, c’est pour compenser l’absence de nos nouvelles pendant les prochains 4 jours, vu que nous partons demain matin pour un deuxième trek, plus court, mais plus éprouvant je pense : l’objectif est le camp de base du Stok Kangri, à 5.300 m, où nous devrons passer la nuit, brrrr.

Point de vue santé, rassurez-vous :

* on a mangé du riz tous les jours, donc les problèmes de Marc sont réglés.

* pour mon œil, je crois que c’est de la conjonctivite, ça fait aussi mal que quand un adversaire m’avait griffé la cornée pendant un match de basket, mais à présent, grâce au traitement d’Uvesta, et avec les lunettes de soleil en permanence, je tiens le coup.

* pour mon pif, j’ai trouvé le truc pour ne pas saigner : je ne me mouche plus.

Aujourd’hui, on a mangé un bon burger au poulet avec des frites, et moi encore une pizza en plus, le tout bien gras comme on aime, et nous avons confirmé notre vol de retour vers New Delhi à l’agence locale de Jet Airways, dans le Main Bazaar. On s’est reposé toute la journée, j’ai fait réparer ma sandale gauche dont une des sangles avait cédé sous la force du courant lors des passages à gué, et nous sommes remontés au Shanti Stupa pour admirer le coucher du soleil, ainsi que le Stok Kangri dont nous voyons le sommet enneigé.

Voila, gros bisous à vous tous,

Nico qui pense beaucoup à sa Princesse.

 

Leh
Leh
Leh
Leh

8 juillet 2007 – Marc et Nico au LADAKH : LEH – retour du Stok Kangri – partie 1 (7)

Bonjour,

Nous voici de retour de notre deuxième trek, un petit trek de 4 jours, mais pas un trek de mauviette pour autant ! Voici donc comment s’est passé notre deuxième trek : le Stok Kangri.

Jour 1 (5/07) : Vers 8h00, une jeep vient nous chercher à l’hôtel. En chemin, nous croisons des écoliers en uniforme avec cravate et pour respecter l’usage, notre jeep-taxi fait le tour du stupa le long de la route, tout en le maintenant à main droite : la route est aménagée spécialement à cet effet. Nous arrivons au point de départ de notre expédition vers 9h00, à 3.600 m : c’est le village de Stok, avec son magnifique palais.  Une fois les chevaux harnachés, nous nous mettons en route.  Il n’y pas un seul nuage dans le ciel, de sorte que la crème indice 50, les lunettes de soleil et les casquettes ne sont pas de trop.  Nous montons pendant trois bonnes heures, traversons à plusieurs reprises la rivière, et arrivons à Mancarmo vers 13h00, à 4.500 m.  Il s’agit de notre camp pour la nuit, c’est aussi un des plus hauts pâturages au monde : les chevaux, les yaks et les vaches locales paissent jusqu’à 5.000 m d’altitude.  L’après-midi, je suis pris de douleurs dans la partie crânienne arrière gauche, ce qui m’inquiète au plus haut point. Pourtant, notre pouls est normal.  Après, je suis pris de maux de ventre qui me coupent l’appétit.  Marc quant à lui, va très bien, si ce n’est qu’il est fortement importuné (et moi de même) par les odeurs de kérosène qui émanent de la tente.  Nous nous lançons alors dans une vaste campagne de nettoyage de notre lodge. Après avoir vidé et nettoyé la tente (à cette altitude, ce n’est pas une mince affaire), nous remarquons que les odeurs proviennent des gros matelas en mousse : pendant la journée, un fond de combustible a coulé du réchaud sur les matelas, d’où les odeurs. Les guides nous refilerons leurs matelas bien plats comme des crêpes et prendront les nôtres, après les avoir fait ventiler et après avoir nettoyé les housses.  Toutes ces occupations ne m’ont pas ôté mes maux et en fin de journée, je comprends que je suis tout simplement en proie au stress, sans doute à cause de ce qui nous attend. Après le repas, je papote avec un Français que nous avions rencontré à l’aéroport et qui se trouve à présent dans ce même camp. Alors que Marc dort déjà du sommeil du brave, je retrouve une situation métabolique normale et je m’endors calmement, aux doux sons des cloches des animaux et de la rivière qui coule avec énergie.

Jour 2 (6/07) : Vers 5h30, le guide (Djulé Tashi!) vient nous tirer de notre profond sommeil.  Nous prenons un petit-déjeuner copieux et puis nous partons en avant, alors que les guides lèvent le camp.  L’étape du jour est volontairement courte (2h-3h), mais monte continuellement.  Nous voyons des rapaces, sont-ce des vautours ou des aigles, nous n’en savons rien, mais nous les observons planer dans le ciel.  Un peu plus tard, Tashi nous rejoint et nous passons à côté d’un crâne de cheval, puis un peu plus loin, du reste de son squelette, bonjour l’accueil : nous arrivons au camp de base, à 5.070 m d’altitude.  Nous ne pourrons pas passer la nuit au camp de base avancé, comme espéré, car ce dernier est en proie aux glaces et à la neige.  Nous nettoyons encore un coup les matelas, et une fois ceux-ci secs, nous faisons une sieste.  Vers 17h30, nous prenons un bon repas pendant que le guide tente d’adapter les crampons à nos chaussures.  Pour celles de Marc, ça passe tout juste, pour les miennes, un petit « 47 fillette », pas moyen, même en dévissant, en tordant, en triturant les godasses et les crampons pendant une bonne demi-heure, le guide ne s’en sort pas : je devrai me débrouiller sans crampons, et sans piolet aussi d’ailleurs vu qu’il n’y en a qu’un et qu’il est pour Marc (je ferai avec mes bâtons télescopiques).  Enfin, vers 19h00, nous tentons de dormir plus tôt que d’habitude, en prévision de la nuit.

Jour 3 (7/07) : A deux heures du matin (ou de la nuit, c’est selon le point de vue), notre guide vient nous tirer du lit.   J’entends déjà les trois premiers randonneurs partir à ce moment-là.  Pfft, pas très envie de quitter ma couette bien chaude quand je sais ce qui m’attend,  mais bon, on est là pour ça. Manger à 2h00 du matin, ce n’est pas si facile, alors on ne se pose pas de question, on met le cerveau sur zéro et on ingurgite ce que le cuistot nous prépare, à savoir du thé, de l’omelette et des chapatis (sorte de pain sous forme de crêpe, ça ressemble à des tortillas mexicaines).  Ensuite, nous nous habillons chaudement et nous quittons le camp, à 5.070 m, l’un à la lumière de sa lampe frontale, l’autre à la lueur de la lune, un peu avant 3h00 du matin.  La première côte est longue et laisse le temps de se mettre en doute, sera-t-on capable ou pas?  Passés ce premier col, nous sommes alors déjà quasi à 5.300 m, le temps de se dire qu’on n’a pas fait tout ça pour abandonner maintenant et que nom de djos on y va maintenant.  Accessoirement, nous n’étions alors encore jamais montés si haut, ni Marc, ni moi.  Le froid de la nuit nous mord les doigts et à chaque pas, nous devons lutter contre la gravité (je parle ici de g = 9,81 m/s²) qui nous attire vers le bas, mais nous, c’est en haut qu’on veut aller et plus rien ne nous en empêchera. Etonnamment, nous ne cherchons pas notre souffle, sans doute parce que nous évoluons très lentement (ascension d’environ 200 m/h).  Le guide fait une pause, mais pris dans notre élan, nous continuons.  A peine quelques mètres plus loin, nous perdons le bon sentier et tentons alors de le regagner.  Entre-temps, les guides (Tashi et Chulden) nous rattrapent et nous ramènent dans le bon chemin, au prix d’importants efforts, car il nous faudra alors remonter dans une grosse croûte de neige.

Passé 5.400 m, je croise à nouveau un crâne de cheval, et le reste de son squelette, le guide nous avait expliqué que les chevaux ne montaient pas si haut d’habitude.   Nous arrivons alors à un immense glacier, vers 5.500 m et nous marchons alors déjà depuis 3h.  Le glacier est illuminé par le soleil levant, sous un ciel peu nuageux.   Nous marchons délicatement sur le manteau blanc, suivant les traces des guides, traversant ci et là une petite rivière souterraine, prisonnière des glaces.  Chaque pas de plus est un combat, l’oxygène se raréfie (peut-être moins de 50% de la teneur normale) et la fatigue musculaire se fait sentir.  Nous faisons une pause vers 5.600 m et nous apercevons ceux qui étaient partis une heure avant nous, qui touchent au but.  Nous coupons à présent la montagne sur son flanc, marchant dans une épaisse couche de neige.  Mes chaussures qui ne voulaient déjà pas rentrer dans les crampons ne veulent pas non plus rentrer dans les traces des semelles des autres qui me précèdent, je dois à chaque pas imprimer ma chaussure dans le sol pour ne pas glisser.  Nous passons alors 5.800 m et nous voyons les autres groupes déjà redescendre : nous sommes trop lents!  A présent, nous devons marcher sur l’arrête de la montagne.  Cette arrête est difficilement praticable, sa largeur varie de 50 cm à 2 m, elle est faite de roche friable et donc peu sure, et de neige, parfois même de congères que nous enjambons pour continuer notre pénible ascension.  Marc a mis ses crampons et s’assure seul, avec son piolet.  Pour ma part, vers 5.850 m, je perds un de mes deux bâtons télescopiques en réajustant mon bonnet : en moins de deux secondes, il a dévalé deux cent mètres. Le récupérer maintenant serait trop coûteux en énergie et le temps presse car le soleil fait fondre la neige.  Le guide Chulden sort alors une corde dont je m’empare de la main gauche, en espérant ne pas devoir solliciter le gaillard, car je ne sais pas comment il pourra m’assurer avec ses 65 kg tout mouillé, contre l’effet dynamique de mes 90 kg en pleine chute sur l’un des deux versants de la montagne, vu que nous avançons sur la crête de celle-ci, et que les pentes de part et d’autre sont de l’ordre de 70 %.  Je ne me rends même pas compte que nous passons les 6.000 m, tellement je suis concentré sur le chemin, sans crampons.  Marc suit de près, l’air fatigué mais décidé.  Enfin, je vois les petits drapeaux à prière colorés, et je constate qu’il n’y a pas moyen d’aller plus haut : nous y sommes, sur le sommet enneigé du Stok Kangri, qui culmine à 6.121 m (hauteur officielle), et qui avec la couche de neige, doit en ce moment approcher les 6.130 m.  Le ciel est assez dégagé, nous nous faisons l’accolade.  Pendant que Marc arrive, je ne faillis pas a la coutume de nouer une écharpe blanche en soie aux drapeaux à prière.  J’ai ajouté deux noms sur mon écharpe.  Marc arrive, c’est la joie, l’étreinte virile et fraternelle avec les guides et entre nous.  Nous jouissons d’une vue bien méritée, des sommets enneigés au loin, des fonds de vallées vertes et fertiles, et de la neige, des glaciers, le souffle coupé. Nous profitons un maximum de notre effort (6h30 pour arriver au sommet) et prenons alors le lunch ici, à 6.130 m d’altitude.  Je profite de l’occasion pour partager avec les guides une tablette de chocolat Côte d’Or que Françoise et Pascal (les deux belges du colis piégé) m’avaient donnés. Nous avons pris profusion de photos, et vers 10h, nous partons, laissant derrière nous l’objet de notre rêve accompli.

Suite au prochain épisode.

Nico – pas encore remis de ses émotions.

 

Pfffft.
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6.125
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Stok Kangri
Stok Kangri

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9 juillet 2007 – Marc et Nico au LADAKH : LEH – retour du Stok Kangri – partie 2 (8)

Bonjour,

Quelle étrange soirée que cette dernière soirée à Leh.  L’hôtel est une fois de plus plongé dans le noir, comme une partie de la ville, en raison d’une coupure du courant (ça arrive tous les jours), mais aujourd’hui c’est embêtant car on doit plier bagage.  Seuls quelques commerces résistent avec des groupes électrogènes.  En plus, on avait commandé des t-shirts souvenirs avec le Stok Kangri, mais le gérant de la boutique s’est querellé avec son voisin (au sujet d’un groupe électrogène, justement), et résultat : ils sont au poste de police.  Du coup, je ne suis pas sur d’avoir mon t-shirt souvenir pour touriste. Bon, retournons à nos moutons.

Jour 3 (8/07) – suite : Nous sommes donc depuis une demi-heure à 6.130 m au sommet du Stok Kangri, et il nous faut à présent redescendre.  Deux options s’offrent à nous : soit le chemin le plus court (en ligne droite vers le bas), soit le même chemin qu’en montant.  Marc lance un « I feel confortable » et s’engage dans la pente sèche de la montagne.  Sans crampons, je préfère l’autre option et après quelques pas, j’entends un bruit incongru et je vois Marc dévaler plusieurs dizaines de mètres en deux secondes : il a chuté et glissé. C’est certain que c’est plus rapide comme ça.  Comme il va bien, je continue avec le guide.  Il est à présent passé 10h00, et le soleil tape fort.  Il a donc réchauffé la neige et je m’enfonce souvent jusqu’à la cuisse.  Ce petit traitement a vite raison de l’étanchéité de mes chaussures.  Nous sommes claqués, mais il nous faut retourner au camp de base.  Nous traversons le glacier, puis refaisons le chemin en sens inverse, la tête déjà pleine de nos souvenirs du sommet, mais la fatigue nous en privant de la joie.  Nous arrivons au camp vers 14h00, soit après 11h d’expédition.  Nous sommes extenués et passons le reste de la journée à dormir.  Nous passerons donc ici notre deuxième et dernière nuitée à 5.070 m.

Jour 4 (9/07) : Quelle froide nuit nous avons eue!  Nous partons de bonne heure, vers 7h30, car nous devons aujourd’hui rallier Stok, 1.500 m plus bas.  Nous descendons d’autant plus rapidement que le vent souffle, avec d’abord de la neige puis ensuite de la pluie en dessous de 4.000 m.  Nous dévalons les pentes et arrivons à Stok trois heures plus tard, avant les chevaux, mais le taxi nous attend déjà, il est alors bientôt 11h00.  Peu après, les canassons déboulent, nous chargeons le matériel dans le pick-up et nous voilà de retour sur Leh, où nous retrouvons la Française Alicia, ainsi qu’une compatriote Belge venue enseigner quelques jours dans des écoles du Zanskar tout proche.  Le soir, nous retrouvons l’Américain qui avait monté le sommet le même jour que nous, et nous prenons ensemble un bon repas, arrosé de quelques pintjes, mais pas trop. Aujourd’hui, Marc et moi sommes montés (on n’arrête plus) au palais royal du roi Namgyal, et nous avons visité le gompa (monastère) de Soma, où on peut admirer un Bouddha de huit mètres de haut.  L’après-midi, on a fait une petite virée au monastère de Spituk, en agréable compagnie de Fabienne (Belge), Brad (Americain), Alicia (Française) et son guide devenu ami, Dordjey (Zanskaris). En fin d’après-midi, on a mangé une pizza bien ladakhie et nous prenons congé les uns des autres, car demain matin, Marc et moi prenons l’avion pour Delhi, où nous redoutons de passer deux jours en attendant notre retour à Bruxelles, car on annonce 35 degrés à Delhi, avec des orages en prime.

Gros bisous,

Nico qui profite des dernières heures de fraîcheur à Leh.

Leh
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10 juillet 2007 – Marc et Nico au LADAKH : DELHI (9)

Bonjour,

Hier soir, nous aurons finalement eu du courant et ainsi récupéré nos t-shirts.  Après les adieux aux deux filles (Alicia et Fabienne), nous profitons de la fraîcheur de notre dernière nuit ladakhie. Ce matin, réveil à 6h00, taxi à 6h30 et avion à 8h25, direction la chaleur de New Delhi.

Arrivés à l’aéroport domestique vers 10h00, nous prenons un taxi prépayé pour le centre-ville (Paharganj), où nous rentrons dans le premier hôtel, et prenons une chambre avec airco (le thermomètre pointe déjà à 35 degrés, mais il ne pleut plus heureusement).  Après une rapide douche, nous décidons de nous rendre à pieds au Red Fort (il s’agit du Fort Rouge, pas de Robert). Après 20 minutes de marche, nous optons pour le cyclo-pousse qui nous y emmène en 30 minutes. Avant d’entrer dans le Fort, nous voyons le drapeau rouge siglé d’un M jaune salvateur pour nous : le Mac-Do, un havre de paix, de fraîcheur et de nourriture scandaleusement appétissante. Je m’envoie 4 burgers, Marc prend un café et une glace comme dessert, et nous voilà d’aplomb pour la grande visite du jour.

Le site est très grand, et comporte de nombreux bâtiments, tels que la salle des audiences publiques, où l’empereur écoutait les doléances de ses sujets, ainsi que les bains et le musée de la guerre. Après cette visite, nous nous rendons à la Jama Masjid, impressionnante mosquée du 17ième siècle, assortie de ses deux minarets de 40 m de haut, du haut desquels on peut avoir une vue sur toute la ville. Pour rentrer à l’hôtel, nous avons commencé par marcher, puis nous avons pris le métro pour un arrêt.  Le métro est flambant neuf et quasi luxueux, il ferait rougir plus d’une capitale occidentale. Enfin, en flânant dans le Main Bazaar de Paharganj, nous dénichons internet.

Alors, comment vous donner ma première impression de New Delhi ? Je ne peux que vous décrire ce que j’ai vu, platement.  Je vous laisserai le soin de vous faire votre propre opinion le jour où vous y viendrez.

J’ai vu des vaches dans la rue, des excréments animaux et peut-être même humain, par terre.  J’ai vu des fleuristes avec de belles fleurs odorantes, j’ai vu un homme, les fesses sales à l’air, gisant inanimé sur un trottoir.  J’ai vu des enfants jouer dans l’eau stagnante des flaques et des enfants jouer avec des faux fusils dans un parc.  J’ai vu des hommes couchés, étaient-ils seulement endormis, dans un passage souterrain.  J’ai vu un indien, aussi gros qu’une crevette, tirer deux touristes de 90 kg sur un cyclo-pousse pendant une demi-heure pour 1 euro.

Voilà. Gros bisous,

Nico – le cerveau ramolli par la chaleur!

New Delhi
New Delhi
New Delhi
New Delhi
New Delhi
New Delhi

11 juillet 2007 – Marc et Nico au LADAKH : DELHI (10)

Bonjour à tous,

Hier soir, nous avons mangé sur la terrasse en toiture d’un hôtel du Main Bazaar de Paharganj, le quartier touristico-populaire de Delhi.  Marc y a bu de la bière, mais comme ils n’avaient pas la licence de vente d’alcool, elle fut servie dans une théière, avec la mention : « Special Thea ».  Même le soir, il fait ici une chaleur étouffante.  Nous sommes rentrés à l’hôtel et avons laissé l’airco sur 26 degrés pour la nuit. Ce matin, nous avons déjeuné au même resto qu’hier soir. Dès 9h00, même à l’ombre sur la terrasse, le thermomètre affichait 38 degrés… il est monté à 40 degrés dans la journée. Nous avons ensuite profité de l’airco de notre chambre, jusqu’a midi, puis pris la direction l’India Gate, grande arche de 42 m de haut, à la mémoire des soldats indiens tombés à la guerre.  Cette arche est au milieu d’une immense avenue (plusieurs dizaines de mètres de large) au bout de laquelle on trouve les bâtiments administratifs du gouvernement et la résidence officielle du président.  De là, nous avons rejoint le musée mémorial d’Indira Ghandi, assassinée par deux de ses gardes du corps Sikhs le 31 octobre 1984.

Il était alors passé 16h00 et nous avons pris un moto-rickshaw pour Connaught Place, le centre commercial et d’affaires de Delhi, agrémenté d’un Central Parc malheureusement trop peu ombragé.  Vu la chaleur, nous avons trouvé refuge dans un Mac-Do air-conditionné jusqu’à 19h00, puis nous retournons manger au même resto (on the roof) et récupérerons nos bagages laissés en consigne à l’hôtel, ou nous prendrons encore une douche avant d’aller en taxi à l’aéroport international. Notre avion décolle à 2h35 heure locale, il sera alors 23h05 en Belgique, où nous arriverons à 11h25, Inch’Allah. Aujourd’hui, nous sommes passés dans les beaux quartiers résidentiels, nous y avons vu les maisons des hauts dignitaires, gardées par des soldats armés.  Nous avons également vu, dans les parcs, des oiseaux, des écureuils et des singes. Dans les autres quartiers, je préfère ne pas vous dire ce qu’on a vu.

Gros bisous et rendez-vous de Bruxelles pour le bilan et les photos marquantes.

Nico, back to home – Home sweet home.

 

New Delhi
New Delhi
New Delhi
New Delhi
New Delhi
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15 juillet 2007 – Marc et Nico au LADAKH : BRUXELLES – Bilan et photos (11)

Bonjour,

Nous voici de retour depuis quelques jours, le temps de récupérer et d’admirer nos photos, avant de vous en faire part.

La dernière soirée à Delhi fut tout aussi étouffante que la précédente.  Après une dernière douche quasi inutile à l’hôtel, le taxi de service vient nous prendre pour nous conduire à l’aéroport international.  Malgré l’heure tardive, il y a toujours beaucoup de trafic et le taximan roule à tombeau ouvert, en fumant du tabac rigolo.  Arrivés à l’aéroport plus de trois heures avant le vol, j’obtiens des places « sortie de secours » qui s’avéreront bien précieuse pour passer les 9h de vol vers Milan.  L’avion décolle à 2h35.  Le voyage s’achève ici.

Bilan chiffré du voyage :

Mobilité :

* Avion : 24 h pour environ 24.000 km

* Jeep : 3 h pour environ 90 km

* Bus : 40 minutes pour environ 20 km

* cyclo-pousse : 35 minutes pour environ 4 km

* moto-rickshaw : 40 minutes pour environ 20 km

* taxi : 45 minutes pour environ 15 km

* à pieds (trekking en montagne) : 52 h pour environ 156 km

* tapis roulants : quelques minutes pour quelques dizaines de mètres

Alimentation (par personne, sauf mention contraire) :

* Thé : 1,5 l par jour

* Eau : 2 l par jour

* Bière : 1 pour Nico, 8 pour Marc

* Oeufs : 2 par jour

* Power-bar de chez Décathlon : 3 par jour pendant le trek pour Marc

* Patates : une par jour pendant le trek, avec du sel

Images :

* Photos numériques : 1039 (résolution de 1 à 6 MPixels)

* Photos argentiques : 41 (100 ASA)

* Vidéo : 64 minutes format MiniDV à 1 MPixels

Divers :

* Durée du voyage : 439 h (sans voir ma Princesse)

* Nombre de mouches assassinées : 24,6 (la mouche 0,6 est toujours dans un état critique)

* Nombre de pierres cassées : 0

* Nombre de fois qu’on s’est cassé les pieds sur des pierres : 17

* Nombre de cloches : 2 pour Nico, 5 pour Marc (dont une double)

* Nombre d’heures passées sur Internet (e-mails) : 8,5 h

* Nombre de nuits à plus de 3.000 m : 16

* Nombre de nuits à plus de 4.000 m : 6

* Nombre de nuits à plus de 5.000 m : 2

* Altitude maximum : 6.130

* Le plus froid : 7 degrés (la nuit sous la tente)

* Le plus chaud : 40 degrés (à l’ombre, sur mon poignet droit)

* Nombre de paires de chaussettes utilisées : 4 pour Nico, 6 pour Marc

* Nombre de slips utilisés : ***censuré***

Voilà, c’est fini, rendez-vous bientôt pour de nouvelles aventures.

Nico à Bruxelles.