De Chuy à Colonia del Sacramento (du 7.04.2016 au 28.04.2016 – 858 km – 59.027 km cumulés)

7 avril 2016.
C’est avec émotion que nous pénétrons sur le territoire du 17ème et dernier pays de notre périple américain : la República Oriental del Uruguay. La prochaine douane que le CC devra passer sera celle du port de Montevideo où sera amarré le bateau qui le rapatriera en Belgique. D’ici là, sept semaines vont s’écouler à un rythme volontairement lent, très lent, comme pour retarder l’inéluctable fin du voyage. Sept semaines, c’est beaucoup pour visiter ce petit pays de 176.220 km2 et d’à peine trois millions et demi d’habitants, dont plus du tiers dans sa capitale Montevideo. C’est beaucoup, mais c’est ce dont nous avons envie et besoin afin de remettre à l’honneur un des objectifs de notre projet : prendre du temps pour nous et nos enfants. Il n’y a pas ici de Cordillera Blanca, ni de Cordillera Real, il n’y a pas de glacier Perito Moreno ni de chutes d’Iguazu. Il n’y a pas de très longue ligne droite sur les routes et il n’y a pas de fjord relié à l’océan. Il y a juste une famille de petits belges qui termine un merveilleux voyage et qui n’attend d’autre chose de ce pays que de lui offrir quelques belles journées paisibles et des moments savoureux en famille, sans plus chercher à en prendre plein la vue, mais juste pouvoir se dire qu’on est bien là, hein.

Last but not least.
Last but not least.

Le poste de douane est situé à la sortie de la ville frontalière de Chuy, dont la rue principale, bien défoncée, permet de passer du Brésil à l’Uruguay rien qu’en la traversant, et c’est ainsi que je dépense nos derniers reals pour acheter du pain en Uruguay puis que nous tirons nos premiers pesos au distributeur automatique. A la sortie de la ville, nous remplissons les formalités d’immigration et d’importation temporaire du véhicule. Pour cette dernière opération, la douanière, peu à l’aise avec l’outil informatique performant dont elle dispose, doit s’y prendre à quatre reprises et même appeler du renfort, ce qui nous permet de finalement quitter le poste sans le moindre contrôle du véhicule, pourtant chargé à bloc, et avec les excuses du grand chef. Quelques kilomètres plus loin, nous nous arrêtons près du poste des gardes à l’entrée du Parque Nacional de Santa Teresa que nous visiterons demain.

8 avril 2016.

PN Santa Teresa.
PN Santa Teresa.

 

PN. Santa Teresa.
PN. Santa Teresa.

 

Fortaleza.
Fortaleza.

 

Tous ensemble !
Tous ensemble !

 

Fortaleza.
Fortaleza.

Le Parque Nacional Santa Teresa, géré par l’armée comme tous les parcs nationaux en Uruguay, s’étire le long de la côte atlantique sur environ sept kilomètres. Il abrite une forteresse fondée par les Portugais en 1762 qui n’eurent pas le temps de construire beaucoup de fortifications vu que le site fut déjà pris par les Espagnols en 1763. Achevée en 1791, la forteresse présente aujourd’hui une belle collection de canons, les maquettes des autres fortifications du pays et quelques salles de vie commune qui illustrent l’instinct grégaire des soldats de l’époque, jusque dans les latrines où ils pouvaient chanter à l’unisson. Autres attraits du parc : un petit centre animalier avec des capibaras, des animaux de la ferme et une grande volière avec de beaux oiseaux colorés. Sans oublier une belle plaine de jeux. Un peu plus loin, nous trouvons le jardin d’hiver avec de nombreuses plantes et quelques aquariums, ainsi qu’un kiosque avec wifi et branchement électrique, on a notre bivouac.

Capibara.
Capibara.

 

PN Santa Teresa.
PN Santa Teresa.

 

Si à cinquante ans on n'a pas une Rolex ...
Si à cinquante ans on n’a pas une Rolex …

 

PN Santa Teresa.
PN Santa Teresa.

9 avril 2016.
La boulangerie est fermée et on n’a pas la moindre envie de bouger le CC : ma petite boulangère reprend du service, elle n’a pas perdu la main et pétrit le pain avec vigueur. Pendant ce temps, je retourne voir les animaux et la plaine de jeux, mes fils acceptent de m’y accompagner. L’après-midi, nous poussons à pieds jusqu’à la Punta del Barco, poste d’observation des baleines franches australes qui ne feront leur apparition qu’à partir du mois de juillet. De vastes plages s’étendent de part et d’autre de notre mirador. De retour au CC, nous mangeons des petits pains fourrés au chocolat qui sortent juste du four, puis je me lance dans un atelier d’origami, pour le plus grand plaisir des kets, et je ne confectionne pas moins de six grenouilles en papier.
11 Santa Teresa

Origami.
Origami.

10 avril 2016.
Encore de belles ballades aujourd’hui, et du temps passé à serrer les petites mains de nos garçons. Je retourne avec eux à l’Invernaculo, le jardin d’hiver avec plantes et poissons divers, puis dans le Sombraculo, traduisez comme vous voulez, avec ses plantes et petites cascades. A l’aide d’une bonne paire de jumelles, les kets ont enfin appris à s’en servir correctement, nous observons longuement la faune de la laguna de Peña : des capibaras et des drôles oiseaux, tel le Chajá (Chauna Torquata), la Gallineta Grande (Aramides ypecaha) et le Dragón (Xanthopsar flavius).

PN Santa Teresa.
PN Santa Teresa.

 

Plaine de jeux.
Plaine de jeux.

 

Macro - F/2.4 - 1/30 - ISO-50 - 4 mm.
Macro – F/2.4 – 1/30 – ISO-50 – 4 mm.

 

Ketibus observandus.
Ketibus observandus.

11 avril 2016.
Six ans déjà. Qu’il grandit vite, trop vite, si vite, notre grand garçon. Cette journée sera donc placée sous l’égide d’Alexis. Nous quittons le parc en fin de matinée, direction La Coronilla et le centre Karumbe destiné à la sauvegarde et à la protection des tortues marines et d’eau douce. Il est malheureusement fermé, mais nous trouvons un bivouac face à l’océan, en bout de route et vu le temps maussade, on reste groupier dans le CC.

Il est bien réussi, hein !
Il est bien réussi, hein !

Catherine prépare un gâteau, les garçons lèchent les spatules, je plie des oiseaux et des papillons en papier puis nous regardons un « Il était une fois les Amériques », didactique et rigolo à la fois (du moins dans les yeux d’un enfant de six ans).

12 avril 2016.
Nous partons faire le tour du petit village et de sa plaine de jeux, accompagné de deux chiens qui ne nous lâchent pas d’une semelle. En fin d’après-midi, je me rends au centre culturel à l’entrée du village où je reçois le code du Wi-Fi (signal ceibalusi, code antelmec), ce qui me permet de communiquer un peu avec le reste du monde.

Una casa.
Una casa.

 

La Coronilla.
La Coronilla.

 

Parce qu'ils le pneuvent bien.
Parce qu’ils le pneuvent bien.

13 avril 2016.
Journée pluvieuse, très pluvieuse. Nous allons à Punta del Diablo, petit village bien calme hors saison. Nous y trouvons Michelle et Michel, voyageant en Def130 avec cellule Clemenson. On converse avec eux entre les averses et je me connecte au Wi-Fi des bus qui passent, mais pas plus de vingt secondes à chaque fois ! La bouteille de gaz se vide pendant le préchauffage du four : Catherine nous a concocté une belle pizza et une grande tarte aux pommes. Je brave les intempéries pour la changer (la bouteille, hein, pas Catherine), conscient que ce sacrifice permettra à toute la famille de manger pour survivre.

Et de un.
Et de un.

 

Et de deux.
Et de deux.

 

Punta del Diablo.
Punta del Diablo.

 

Tourmenté.
Tourmenté.

 

... ça vous a plu ?
… ça vous a plu ?

14 avril 2016.

Au soleil.
Au soleil.

 

PN Santa Teresa.
PN Santa Teresa.

 

PN Santa Teresa.
PN Santa Teresa.

 

PN Santa Teresa.
PN Santa Teresa.

Plein soleil ce matin, nous retournons au PN Santa Teresa, c’est encore plus beau avec le ciel bleu. Nous remplissons les réservoirs d’eau, prenons congé des Français et roulons jusqu’à La Paloma, petite ville agréable dont le phare du cap Santa Maria, édifié en 1874, culmine à 42 mètres au-dessus du plancher des vaches. L’ascension étant interdite aux moins de huit ans, je m’y rends seul et profite dans un calme olympien de la magnifique vue. Nous remplissons une bouteille de gaz chez Acodike Supergas (-34.63322, -54.17028) puis allons bivouaquer sur un vaste parking en bord de plage.

La Paloma.
La Paloma.

 

16h42.
16h42.

 

16h43. Pff, pff, pff.
16h43. Pff, pff, pff.

 

La Paloma.
La Paloma.

15 avril 2016.
Pour la deuxième fois depuis le début du voyage, nous bivouaquons sous l’auvent d’une station d’essence. Sauf que cette fois, elle est en service, même la nuit. Attendez que je vous explique. Tout avait bien commencé ce matin par une belle journée ensoleillée. Catherine se met aux fourneaux (oui, mon épouse est merveilleuse), et je pars me promener avec les kets, direction le musée, la bibliothèque, le supermercado et la plaine de jeux.

Musée pour les kets.
Musée pour les kets.

 

... ça, c'est mon rayon.
… ça, c’est mon rayon.

 

La Paloma.
La Paloma.

C’est là qu’arrive un agent de sécurité pour me prévenir que « llega la lluvia, mucha lluvia, una tormenta ». C’est vrai que ça se couvre, mais nous ne savons pas encore ce qui va nous tomber sur la tête. Arrivent des nuages si noirs qu’on se croirait en pleine nuit, et des éclairs si puissants qu’on se croirait en pleine journée. Bref, l’éclairage public, photosensible, joue les guirlandes clignotantes au gré des coups de tonnerre. Après avoir bien cinglé le côté droit, le vent tourne et voilà le côté gauche arrosé de plus belle. Le problème, c’est que sur la gauche, il y a les grilles de ventilation du frigo et que ça chasse tellement que je redoute le pire … qui ne manque pas d’arriver : le frigo tombe en panne en moins de deux. A cela s’ajoute une belle grosse grêle et nous nous décidons à chercher un abri pour la nuit, ceci explique donc cela.

16 avril 2016.

Mission : impossible ?
Mission : impossible ?

Malgré mes efforts pour sécher la connectique du frigo hier soir et ce matin, il ne prend plus sur le gaz. Donc, plus de frigo. C’est franchement la dèche, surtout qu’on vient de faire des courses. Nous restons sous le couvert de la station en condamnant carrément une des quatre lignes de service et suivons les prévisions météorologiques : pluies abondantes et orages pendant quatre jours. On s’installe. Pour fêter ça, je vide la cassette des WC à même l’égout au milieu du carrefour, on n’est plus à ça près. Pour le frigo, on se la joue à l’ancienne avec un sac de glaçons, mais mon éducation me fait garder la fois (si, si) car c’est finalement à la n plus unième fois que le frigo redémarre. Grand ouf de soulagement, on va pouvoir remettre les bières au frais et sauver la bolo que Catherine nous a mijotée. J’amène dix kilogrammes de linge à la lavanderia puis les kets se dévouent pour chercher des couques à la boulangerie avec leur Papa.

A bivouac 24/7.
A bivouac 24/7.

 

Et vous, ça va ?
Et vous, ça va ?

 

Cap ou pas cap ?
Cap ou pas cap ?

17 avril 2016.
Deuxième nuit sous l’auvent même d’une station-service, en service 24/7. Tu parles d’une Aventure. Au moins, le camion est plus ou moins au sec, mais on n’est pas en sécurité pour autant : frigo et cuisine au gaz entre les pompes, ce n’est pas très indiqué. Pour occuper ces longues journées, les kets jouent, dessinent et écrivent des lettres en cursive, Catherine « pluiverne » et je squatte l’excellent Wi-Fi du musée tout proche. Aussi, on mange des petits fours. Bref, c’est l’éclate totale.

Ne pas déranger.
Ne pas déranger.

 

Miam.
Miam.

On a même reçu des visites : un retraité allemand qui croyait qu’on avait un problème, à rester là comme des klets. Mis à part la tempête, ça va merci. Puis la visite d’Orlando qui travaille au port et qui nous avait déjà donné des crevettes avant hier. Il parle français et a fait ses études en Belgique, c’est un homme très rigolo. Enfin, des pensionnés de Montevideo qui viennent ici en vacances chaque année depuis 1968 (ils n’étaient pas encore pensionnés à l’époque), qui ont déjà visité Bruges, die schone, deux fois. Ils me confessent n’avoir jamais connu de telles conditions climatiques. Nous non plus. En tout cas, pas ici.

18 avril 2016.
Jamais deux sans trois : troisième nuit à la station. Nous connaissons à présent tout le personnel, je joue les interprètes pour quelques gringos de passage et les garçons reçoivent des chocolats. Orlando nous amène des patteikes et même les Michel arrivent. Comme le temps a l’air de se calmer, qu’on a rendez-vous à Punta del Este et que, jamais deux sans trois, d’accord, mais pas jamais trois sans quatre, nous partons. Les pâturages le long de l’autostrade sont détrempés et de nombreuses routes de service sont inondées. La Ruta 9 est épargnée et en très bon état, il faut reconnaitre, mais comme elle est à péage, on n’en attendait pas moins. Nous faisons halte pour la nuit au phare José Ignacio, il est évidemment fermé pour cause d’intempéries. C’est vrai que ça souffle pas mal et j’apprends à la boulangerie qu’un avis de tempête est annoncé, c’est l’alerte jaune.

Sans blague.
Sans blague.

 

Triste à voir, hein !
Triste à voir, hein !

On va finir par regretter l’auvent de la station Ancap ! Après avoir consulté la police, qui confirme l’alerte de vent et de pluie, nous tournons dans le village pour dénicher un emplacement pas trop exposé. Je retourne à pieds en informer les deux jeunes policières au commissariat, elles me laissent leur numéro « au cas où », me disent-elles. Je leur avais pourtant bien déclaré que j’étais marié et père de famille.

19 avril 2016.
C’est aujourd’hui jour férié (mais pas pour la pluie). En 1825, Les Treinta y Tres débarquèrent sur la Playa de la Agrecida, sous une bannière tricolore marquée de l’inscription jusqu’au-boutiste : « La liberté ou la mort ». Après avoir rallié bon nombre de compatriotes, ils boutèrent les Brésiliens hors de ce qui n’était alors qu’une province et déclarèrent l’indépendance le 25 août de la même année, ce qui constitue par la même occasion un autre jour férié national. José Ignacio est assez huppé mais un peu terne sous la grisaille. Ça fait quatre jours que mes adorables fistons restent cloîtrés dans le motorhome, on n’a rien de mieux pour les faire bouger un peu qu’un grand centre commercial à l’entrée de Punta del Este. Après en avoir fait dix fois le tour, sans rien acheter (promis), nous nous dirigeons vers la péninsule qui marque la limite entre l’océan Atlantique et le Rio de la Plata.

Il trump énormément.
Il trump énormément.

 

Galaxy.
Galaxy.

 

On s'est pas foulé.
On s’est pas foulé.

20 avril 2016.

Cinq doigts.
Cinq doigts.

 

Punta del Este.
Punta del Este.

 

Surfer paradise.
Surfer paradise.

Je me lève tôt ce matin pour admirer les lueurs matinales du lever de soleil, alors que quelques surfers sont déjà à pied d’œuvre. Il a encore bien plu cette nuit, forcément, mais cette nouvelle journée s’annonce ensoleillée, surtout que c’est aujourd’hui que nous retrouvons Gabrielle, une amie Suisse qui vient nous rendre visite chaque année à Bruxelles. Cette fois, ça se passe en Uruguay. En l’attendant, nous faisons le tour de la péninsule en commençant par « La Mano », les cinq doigts émergeant du sable, œuvre du sculpteur chilien Irrazábal. Longeant le bord du Rio de la Plata, nous débouchons sur le port où nous passons un long moment. Il est divisé en deux parties : celle avec les yachts qui sentent le grand confort et celle avec les bateaux de pêche qui sentent le vieux poisson. C’est là que nous apercevons un gros loup de mer occupé à s’acharner sur la poiscaille. On retrouve Freddo, notre vieil ami Porteño, puis nous allons accueillir Gabrielle à la gare des bus pour de chaleureuses retrouvailles.

Punta del Este.
Punta del Este.

 

Aquarium.
Aquarium.

 

Punta del Este.
Punta del Este.

 

Bon app'.
Bon app’.

 

Gabi, gabi, gabi.
Gabi, gabi, gabi.

21 avril 2016.
Gabrielle nous a ramené le soleil, nous partons en balade le long de l’estuaire du Rio de la Plata puis nous montons (en ascenseur) au sommet d’un immeuble de vingt-quatre étages pour bénéficier de la vue panoramique depuis le bar giratoire sur 360 degrés.

A view on the bivouac.
A view on the bivouac.

 

A gauche, le rio et à droite, l'océan.
A gauche, le rio et à droite, l’océan.

L’après-midi, nous prenons un bus vers le centre de Maldonado, la ville attenante à Punta del Este. Nous voulions monter dans la Torre del Vigía, mais elle est fermée, heureusement donc que nous avons déjà pris de la hauteur ce matin. Nous poursuivons vers le Cuartel de los Dragones, une caserne qui a gardé le nom de la troupe d’élite qui y élut domicile à la fin du XVIIIème siècle. Pour arriver à la Casa de la Cultura, nous traversons la Plaza San Fernando où les garçons courent longuement après les pigeons. Dans quelques années, ils courront après autre chose, et les vrais soucis vont commencer. Pas de culture aujourd’hui, c’est déjà fermé, ce qui nous laisse tout le loisir d’aller nous recueillir dans la cathédrale qui, mine de rien, pèse 14.566 tonnes, mais plus d’aller chez Freddo, sapristi.

La tour prend garde.
La tour prend garde.

 

Maldonado.
Maldonado.

22 avril 2016.
Encore un peu de soleil aujourd’hui, il faut en profiter, nous retournons à José Ignacio que nous avions vu sous la pluie il y a quelques jours, c’est bien plus joli avec du ciel bleu. Le phare n’est haut que de vingt-six mètres, mais ça suffit amplement pour avoir une belle vue depuis le prisme, heureusement éteint lors de notre visite. Tandis que Gabrielle joue avec les kets dans le sable, Princesse m’accompagne et fait chauffer ses cuisses (du calme, du calme) pour gravir d’une traite les 121 marches du phare inauguré en 1877. Nous revenons vers La Barra, en banlieue de Punta del Este, en longeant la Laguna Garzon peuplée de magnifiques oiseaux, dont des flamants roses et y prenons nos quartiers devant l’hostel de Gabrielle, tenu par des rastas très propres et sympathiques.

Jose Ignacio.
Jose Ignacio.

61 Jose Ignacio

Jose Ignacio.
Jose Ignacio.

 

Little players.
Little players.

23 avril 2016.

Ils ont mis le tablier.
Ils ont mis le tablier.

La nuit fut bonne et calme, il ne pleut presque pas, nous partons à pieds au Museo del Mar, c’est une petite ballade de deux kilomètres agrémentée de nombreux aboiements de quelques sales cabots. Le musée de la mer présente de manière pléthorique tout ce qui touche à la mer et à la plage. Si les squelettes de baleines impressionnent par leur taille, les coquillages, mollusques et araignées impressionnent par leur variété. Les kets apprécient particulièrement la salle des pirates, figurez-vous que le plus puissant de tous ces pirates n’était autre qu’une femme, la Chinoise Ching Shih qui compta jusqu’à 80.000 hommes sous ses ordres, répartis dans 1.800 navires. On peut considérer d’elle qu’elle avait vraiment la niac. On apprend également que des dromadaires africains furent amenés en 1839 pour développer Punta del Este, alors en proie aux dunes. Vraiment pléthorique et hétéroclite, ce musée.

Il y aurait eu assez de place.
Il y aurait eu assez de place.

 

Pirate.
Pirate.

 

Nouvelle vague.
Nouvelle vague.

Après ça, Gabrielle insiste pour nous inviter au resto, nous acceptons parce que nous sommes polis. Puis elle insiste pour nous offrir un dessert, nous acceptons parce que nous sommes … gourmands. Nous rentrons à l’hôtel par le chemin de la plage et apercevons au loin l’audacieux pont en double vague de l’architecte Lionel Viera, construit en 1965 et dédoublé en 1999 pour absorber le trafic intense en haute saison. Pour le moment, c’est carrément la morte saison.

24 avril 2016.
Après le petit-déjeuner, nous traversons pour la troisième et dernière fois le fameux pont, puis nous nous arrêtons à Punta Ballena pour y visiter l’étonnante Casapueblo, œuvre originale de l’artiste uruguayen le plus connu, décédé en 2014 : Carlos Páez Vilaró. Grand voyageur, son art coloré est fortement inspiré de la culture africaine et sa maison blanche de la culture méditerranéenne. On s’arrête pour midi à Piriapolis, conçue dès la fin du XIXème siècle par Monsieur Piria à dessein touristique.

Casapueblo.
Casapueblo.

 

Casapueblo.
Casapueblo.

 

Piriapolis.
Piriapolis.

Nous profitons du port de pêche pour manger des filets de poisson sans arrête et nous poursuivons jusqu’à Altantida où on fait choux blanc. Reste plus qu’à se taper le centre-ville de Montevideo, la capitale uruguayenne qui concentre un tiers de la population totale du pays. C’est donc après un long, très long parcours urbain et une belle série de feux rouges que nous arrivons dans le centre historique, carrément désert en cette fin de dimanche après-midi. On trouve un bel hôtel pour Gabrielle, mais la rue est trop étroite pour garer le CC devant et, la nuit, c’est vraiment trop craignos deux rues plus loin, où se concentrent les clochards, loubards et zonards. Nous trouvons finalement un stationnement sécurisé devant l’hôtel NH sur la Rambla sud.

25 avril 2016.
Il pleut et il vente fort ce matin et c’est en rasant les murs que je récupère Gabrielle à son hôtel pour qu’elle prenne le petit-déjeuner avec nous dans le CC. Ensuite, nous partons ensemble à la découverte du centre-ville, en commençant par les bureaux de la poste, dont le hall majestueux est ouvert au public. Partiellement inondé, le petit musée est fermé pour l’instant.

La poste.
La poste.

Pendant que les deux femmes font le tour de la place de l’Indépendance avec les kets, je pars en solo pour prendre contact avec l’agent maritime KMA, représentant de l’armateur Grimaldi qui rapatriera le camion. Les bureaux sont situés sur 25 de Mayo, au n°713 dans l’Emporium Building (-34,90442 ; -56,2013). Le bateau, un cargo mixte véhicules et containers, a récupéré un peu de son retard et doit quitter Montevideo le 25 mai 2016, dans exactement un mois. Nous nous retrouvons à l’hôtel et poursuivons vers le centre historique et des musées fermés.

Montevideo.
Montevideo.

 

Parrilla.
Parrilla.

 

Mercado del Puerto.
Mercado del Puerto.

On se rattrape dans un musée improvisé au Mercado del Puerto, le vieux marché couvert aujourd’hui remplacé en parrilla géante. C’est d’ailleurs paradoxal de voir une telle orgie de viande dans un port, ça ne laisse pas beaucoup de place aux omégas 3. Nous avons plus de chance l’après-midi pour les musées : celui du Cabildo est ouvert, de même que celui des Gauchos et de la Monnaie, installé dans une magnifique bâtisse.

C'est de l'Art.
C’est de l’Art.

 

Montevideo.
Montevideo.

 

Populaire.
Populaire.

26 avril 2016.
Je retrouve notre amie à son hôtel et nous prenons le petit-déj ensemble au motorhome. Il fait toujours aussi froid et venteux, mais quelques rayons de soleil égaient notre cheminement le long des Ramblas, plus de vingt kilomètres de promenades en bordure du Rio de la Plata. Nous accompagnons Gabrielle à l’aéroport, son séjour en Amérique touche à sa fin, mais pas le nôtre !

A bientôt !
A bientôt !

Le musée de l’aéronautique qui jouxte l’aéroport est fermé, dommage, nous retraversons la capitale en suivant les Ramblas, ça roule bien et c’est impressionnant de voir la puissance des vagues qui viennent de fracasser sur la Costañera. Au passage, nous repérons les accès au port où nous avons rendez-vous dans quatre semaines, puis nous suivons la Ruta 1 jusqu’à Nueva Helvecia, l’ambiance suisse nous manque déjà ! Si ce ne sont les nombreux drapeaux et les fromages dans les étalages, pas grand-chose rappelle la Suisse finalement et c’est le beau château d’eau qui retient toute notre attention.

Château d'eau.
Château d’eau.

27 avril 2016.

Quelque chose qui cloche.
Quelque chose qui cloche.

Le clocher de l’église a bien agrémenté notre nuit, toutes les heures, avec la rigueur d’une horloge … suisse, bien entendu. Vous n’imaginez pas avec quelle satisfaction je relève un petit 9 °C au thermomètre ce matin, il n’était pas descendu aussi bas depuis qu’on avait quitté Ushuaia, il y a plus de trois mois, et dix mille kilomètres ! Je suis bien sûr le seul à m’en satisfaire et nous ne tardons pas à partir, Catherine augmente en douce le chauffage qui tourne à plein régime jusqu’à notre arrivée à Colonia del Sacramento. Fondée en 1680 par les Portugais, qui avaient trouvé là une position stratégique à l’embouchure du Rio de la Plata, porte d’accès aux rios Parana et Uruguay. Passée plusieurs fois aux mains des Espagnols, elle devint finalement uruguayenne suite à l’épopée des Treinta y Tres. Nous trouvons un stationnement les roues dans l’herbe, en plein centre, devant les remparts de la vieille ville que nous découvrons à pieds. Les petites rues pavées nous mènent à l’iglesia Matriz, la plus ancienne église du pays, fondée en 1695. J’accompagne ensuite les kets à l’Acuario, l’aquarium municipal, pendant que Catherine se la coule douce dans le CC.

Colonia del Sacramento.
Colonia del Sacramento.

 

Colonia del Sacramento.
Colonia del Sacramento.

 

Colonia del Sacramento.
Colonia del Sacramento.

 

Colonia del Sacramento.
Colonia del Sacramento.

28 avril 2016.
Plein soleil ce matin, je monte seul dans le phare édifié sur les ruines du couvent de San Francisco, interdit aux moins de huit ans, puis nous prenons le pass qui permet de visiter six musées du centre historique, mais pas de panique, certains se limitent à une seule salle d’exposition. Nous commençons par le plus grand, le Musée Régional qui présente beaucoup d’objets d’époque (pour nos kets, tout ce qui est « d’époque » est antérieur à leur naissance) et même des squelettes d’animaux préhistorique, tel le Glyptodon.

Colonia del Sacramento.
Colonia del Sacramento.

 

Colonia del Sacramento.
Colonia del Sacramento.

 

Colonia del Sacramento.
Colonia del Sacramento.

 

Fabriqué en France.
Fabriqué en France.

Nous poursuivons avec le Musée des Azulejos, produits dans le Nord de la France pour la plupart. La teinte des carrelages était obtenue par oxydation de divers métaux : l’étain ou le plomb pour le blanc, le cobalt pour le bleu, le manganèse pour le violet, le chrome pour le jaune, le cuivre pour le vert et bien sûr le fer pour le rouge. De retour au CC, mon épouse prépare une lasagne, la première du voyage, il était temps, c’est un régal.

J'adore les lasagnes.
J’adore les lasagnes.

 

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