D’Encarnacion à Ciudad del Este (du 2.03.2016 au 5.03.2016 – 339 km – 53.842 km cumulés)

2 mars 2016.

Puente Internacional San Roque Gonzales de Santa Cruz.
Puente Internacional San Roque Gonzales de Santa Cruz.

Après le pont international qui traverse le rio Parana, nous arrivons sur le territoire du Paraguay, pays couvrant 406.752 km2 et peuplé d’un peu plus de 7 millions d’habitants. Indépendant depuis 1811, le pays, qui était alors un des plus prospères d’Amérique du Sud, se lança en guerre contre le Brésil en 1864. Ce dernier trouva en l’Argentine et l’Uruguay deux alliés intéressés qui se joignirent au massacre de la Guerre de la Triple Alliance qui ne laissa, à sa fin en 1870, qu’un Paraguayen pour quatre à cinq Paraguayenne, nécessitant, par la force de la nature, la pratique de la polygamie afin de repeupler le pays. De nos jours, de nombreuses têtes blondes se mêlent aux descendants des derniers Guaranis car des colons européens se sont installés ce pays accueillant. Nous passons le poste de frontière paraguayen et procédons comme à l’habitude : tampon sur les passeports et importation du véhicule. Puis, nous sortons de cette ville frontalière dont l’intérêt principal est d’attirer les Argentins qui viennent ici en nombre acheter des produits surtaxés chez eux. La Ruta 6 est en bon état et agrémentée de nombreux casse-vitesse généralement bien signalés. Nous arrivons à Trinidad et tournons un peu dans le village avant de trouver la rue en pavés qui mène à la mission jésuite.

Mission Trinidad.
Mission Trinidad.

 

Eglise Trinidad.
Eglise Trinidad.

 

Toi-même !
Toi-même !

 

Eglise Trinidad.
Eglise Trinidad.

Les Jésuites s’installèrent sur les terres du Nouveau Monde dès la fin du XVI ème siècle, dans le but d’évangéliser et d’alphabétiser les populations autochtones. Ils créèrent à cet effet des missions (ou réductions) sur le territoire des indiens Guaranis. Chaque mission est construite sur un même plan, et celle de Trinidad est paraît-il la mieux conservée. Nous la visitons en fin d’après-midi, alors que le soleil tombe, procurant de magnifiques couleurs. Le site est désert et les kets courent comme des fous dans l’herbe grasse puis vont se cacher dans les ruines.
06 Trinidad

Des têtes d'anges.
Des têtes d’anges.

 

Trinidad.
Trinidad.

 

Il a des fourmis dans les jambes.
Il a des fourmis dans les jambes.

 

Photo réalisée sans trucage.
Photo réalisée sans trucage.

Jacky et Laetitia qui voyagent en fourgon Iveco 4×4 (on les connaissait via leur blog : Itinéraire d’un Iveco voyageur) arrivent en fin de journée et participent avec moi au spectacle son et lumière nocturne.

Itinéraire d'un Iveco voyageur.
Itinéraire d’un Iveco voyageur.

 

Réduits au bivouac.
Réduits au bivouac.

 

Trinidad.
Trinidad.

 

By night.
By night.

3 mars 2016.
Nous avons mal dormi – merci les clebs – mais il fait agréablement frais ce matin. Nous roulons quelques kilomètres jusqu’à la mission de Jésus de Taravange, sise sur les hauteurs d’une colline. Régnant sur un mini empire d’une quarantaine de « réductions », appelées ainsi car les indiens Guaranis y étaient réduits à la vie civile et à l’Église (« ad vitam civilem, et ad ecclesiam reducti sunt »), et exemptés d’esclavage, les jésuites commencèrent à s’attirer les foudres des autorités locales, à la solde des puissances européennes, si bien que le roi d’Espagne ordonna l’expulsion des jésuites d’Amérique et donc la fin des missions en 1765.

Per aspera ad astra.
Per aspera ad astra.

 

Mission Taravange.
Mission Taravange.

 

Pleine de jeux en ruines.
Pleine de jeux en ruines.

 

Jesus de Taravange.
Jesus de Taravange.

 

Jesus de Taravange.
Jesus de Taravange.

Il y eut beaucoup de morts et les réductions furent laissées à l’abandon. La jungle repris ses droits jusqu’à ce que l’UNESCO passe par là et classe les sites. J’occupe l’après-midi à trier les photos et à préparer le prochain article du site, des fois qu’on trouverait une bonne connexion à internet prochainement, puis nous prenons l’apéro en bonne compagnie de Jacky et Laetitia.

4 mars 2016.
L’accueil des gardiens de la mission était vraiment très bon : on a pu prendre une douche chaude, et ils se sont excusés de ne pas avoir de wifi ! Wifi qu’on trouvera un peu plus loin à l’information touristique de Bella Vista (GPS : -27.04295, -55.57823, signal « secretariat », code : 9876543210) qui nous réserve une visite à la yerbateria « La Selecta ». Depuis des mois, on croise les Argentins avec un thermos d’eau chaude, une calabaza (petite tasse bombée) et une bombilla (sorte de paille). Ils versent dans la calebasse, remplie de yerba à ras bord, une eau chaude, brûlante voire frémissante, mais pas bouillante, comme avait insisté Pablo, un argentin qui nous avait demandé de chauffer un peu d’eau dans le CC. Puis, ils sirotent leur maté de yerba à longueur de journée. Dans un pays qui produit pourtant des vins excellents, la boisson nationale est le maté, c’est tout à fait étonnant. Les pays limitrophes partagent cette tradition et le Paraguay est un grand producteur de cette plante qui ne pousse que sous ces latitudes.

Selecta.
Selecta.

 

"Comme un séchoir à linge", dixit Catherine.
« Comme un séchoir à linge », dixit Catherine.

 

Selecta.
Selecta.

 

Ton thé t'a-t'il ôté ta toux ?
Ton thé t’a-t’il ôté ta toux ?

Nous sommes accueillis par la ravissante Tania qui nous explique le processus d’élaboration de la yerba, à partir de plantes atteignant deux mètres de haut. Nous reprenons la route en direction de Ciudad del Este, ça roule bien, mais la chaleur et les nombreux lomadas (casse-vitesse) me donnent l’impression d’être revenu en Amérique Centrale. Il est déjà tard, mais nous nous inscrivons pour le son et lumière qui commence à 21h sur le barrage d’Itaipu. Nous sommes déposés en bus sur un vaste mirador où il n’y a rien à voir dans le noir, jusqu’à ce que la scénographie très élaborée du son et lumière se mette en marche : sur un air de musique classique quelconque, les projecteurs s’allument progressivement, illuminant l’imposante structure en béton. Le bouquet final étant l’illumination des bâtiments techniques, étage par étage, au néon blanc.

Barrage Itaipu.
Barrage Itaipu.

 

Barrage Itaipu.
Barrage Itaipu.

 

Les turbines.
Les turbines.

5 mars 2016.
Nous repartons à l’assaut du barrage, en visite diurne cette fois, c’est bien plus impressionnant. En raison des pluies torrentielles de ces dernières semaines, le niveau du lac de retenue est trop haut et nous assistons, comme à Yacyreta, à un lâcher d’eau. C’est inouï de voir avec quelle force et quelle puissance l’eau s’écoule. C’est que le barrage a créé une hauteur de chute de 118 mètres, afin d’entraîner les vingt turbines qui, reliées à autant de générateurs, produisent chacune assez d’électricité pour 2,5 millions d’habitant, soit une production annuelle de 90TWh pour l’ensemble des turbines. C’est énorme !

Magnifique.
Magnifique.

 

Tirez la chasse !
Tirez la chasse !

 

Waouw.
Waouw.
Itaipu.
Itaipu.
Itaipu.
Itaipu.

Deux turbines suffisent pour le Paraguay, qui dispose de l’énergie hydroélectrique d’autres barrages, et le barrage étant binational, le Brésil rachète le surplus du Paraguay, de sorte qu’avec 18 turbines, il produit assez d’énergie électrique pour 25 pourcent de sa population, qui compte plus de 200 millions d’âmes. La centrale détient d’ailleurs le record mondial, si pas intergalactique, de puissance électrique installée, avec 14.000 MW ! Il y a de quoi disjoncter. Après cette visite passionnante, rien de tel qu’une traversée urbaine en heure de pointe : c’est samedi shopping pour les Brésiliens et les Argentins à Ciudad del Este, la zone franche paraguayenne. Nous enchaînons avec le passage de frontière avec le Brésil, après le Puente de l’Amistad qui franchit le rio Parana alimentant donc le barrage d’Itaipu. Nous ne resterons que quelques dizaines de minutes au Brésil, pour repasser en Argentine par le Puente International Tancredo Neves qui franchit le rio Iguazu d’après le nom guarani des célèbres chutes.

Brol city.
Brol city.

 

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