Navigation de Hambourg à Anvers (du 3.07.2016 au 6.07.2016)

3 juillet 2016 – #44 – Port de Tilbury
Le changement d’heure s’est passé en finesse hier, de plein jour. A 13h, les horloges ont été remontées sur midi. Mais on n’a pas dîné deux fois pour autant. Nous sommes donc bien en Angleterre, devant l’estuaire de la Tamise, lorsque le pilote monte à bord pour mener le Grande Angola à bon port, en l’occurrence celui de Tilbury, au cœur du comté d’Essex et à seulement 35 kilomètres de Londres. A peine arrivés, le second me demande de déplacer le motorhome, ce qui m’arrange bien : ça me permet de faire tourner de moteur, de redescendre quelques affaires et de vérifier qu’il est toujours intact. Intact, mais incroyablement crasseux à cause des dépôts de particules d’échappement de ces gros camions qu’on envoie polluer en Afrique ou en Amérique du Sud.

Tilbury.
Tilbury.
Tout seul.
Tout seul.
Hauteur variable.
Hauteur variable.
La quenouille.
La quenouille.
Rampe de distribution.
Rampe de distribution.
Comme des petits pains.
Comme des petits pains.

Très pro et très sympa, le Chief Mate (c’est-à-dire le second, appelé également « Primo ») me demande si je souhaite visiter l’intérieur du bateau. Non peut-être. Purée, je l’aurai attendue, cette visite. Il me montre donc les différents ponts du navire destinés au transport de marchandises, essentiellement des camions, des machines, des voitures et des containers. L’un des ponts a même une hauteur variable de 4 à 6 mètres de hauteur, ce qui permet de transporter des charges exceptionnelles et des containers empilés l’un sur l’autre. Nous traversons la partie ouverte à l’avant, qui abrite des containers (dont celui sans toit ni loi), pour arriver à la « mooring station » qui recèle ces énormes câbles d’amarrage et les chaînes monumentales des deux ancres (la troisième a manifestement été perdue). Nous remontons ensuite tous les ponts en suivant la rampe de desserte jusqu’au deck 11 où sont situés nos quartiers.

Gravesend.
Gravesend.

 

... pas de la petite corde.
… pas de la petite corde.

Comblé par cette visite impromptue, je rejoins les membres philippins de l’équipage qui profitent du dimanche pour se rendre au Seafarer’s Centre. Je loupe de peu la navette et je pars à pieds, il n’y a que deux kilomètres à parcourir et ça fait du bien de se dérouiller les jambes. Le wifi est correct, je fais l’aller-retour jusqu’au bateau pour le dîner (il y a de la glace au dessert) et prendre le PC afin de publier sur le site.

Au boulot !
Au boulot !

4 juillet 2016 – #45 – Port de Tilbury
Nous avons rendez-vous ce matin avec Frans, le responsable de l’association des marins, qui vient nous chercher en voiture pour nous amener jusqu’à la gare de Tilbury. Les enfants ne sont pas autorisés à se déplacer à pieds dans l’enceinte du port et il y a de toute façon plus de quatre kilomètres à parcourir. En trente minutes de train, nous sommes au centre de Londres, à quelques pas du célèbre Tower Bridge et de la fameuse Tower of London qui recèle les bijoux de famille (au sens propre, hein) de la couronne d’Angleterre. Après avoir traversé la Tamise, nous marchons le long des berges jusqu’au London Bridge où nous sautons dans le premier bus à impériale qui passe, juste pour le plaisir des kets.

Curieuse neus.
Curieuse neus.
London.
London.
Un classique.
Un classique.
Bus touristique.
Bus touristique.
Big Ben.
Big Ben.
Bobby, une Tourtel.
Bobby, une Tourtel.

Là, je perds un peu le fil, je sais qu’on a emprunté la rue du Lombard et qu’on est ressorti à la station Moorgate pour prendre le Tube jusqu’à Westminster. Toute visite de Londres qui se respecte passe par Big Ben et le quartier de l’abbaye. De là, nous rallions à pieds le St-James’s Park et sa plaine de jeux à l’ombre du Buckingham Palace. Nous n’avons pas le temps d’aller saluer Elisabeth et de toute façon, je suis plus branché sur les Kate, nous traversons donc Green Park jusqu’à Piccadilly où se concentrent quelques petites boutiques sans prétention et qui conduit à Piccadilly Circus, le Time Square londonien. L’immense British Museum n’est qu’à trois stations de métro, ça sera notre dernier musée du voyage, on aurait d’ailleurs pu ne visiter que celui-là : il recèle de nombreuses pièces glanées par les Anglais aux quatre coins du monde. On y retrouve notamment des pièces des grands sites précolombiens d’Amérique et même un Moai de l’île de Pâques.

This is the last one.
This is the last one.
Palace.
Palace.
Presque comme Skype.
Presque comme Skype.
Musée.
Musée.

20 Londres

Les kets à Londres.
Les kets à Londres.
Thanks a lot.
Thanks a lot.

Fourbus, nous montons encore dans un bus à impériale qui clôt notre visite de la capitale. Une demi-heure de métro plus tard, nous retrouvons Frans à la gare de Tilbury pour rentrer au bateau qui changera de quai en début de nuit afin de livrer ses derniers containers.

5 juillet 2016 – #46 – Navigation sur la Tamise, la Manche et la Mer du Nord

Tilbury.
Tilbury.

C’est en milieu de matinée que le pilote du port de Tilbury monte à bord pour nous escorter sur la Tamise jusqu’à la Manche. Il ne nous reste plus qu’à plier les bagages et profiter de cette dernière journée de croisière qui mettra un terme à notre merveilleux voyage … ou pas. Après le plantureux repas de midi, le Chief Cook nous annonce que le bateau va à l’ancrage du port d’Anvers et que l’arrivée est retardée d’au moins une journée. Je lui demande si c’est une blague, il me dit que non et qu’il ne faut pas rigoler avec ça. C’est Alexis qui va être content : il était trop triste que ça s’arrête « déjà ».

Eolienne.
Eolienne.
Pour le plaisir.
Pour le plaisir.

Nous, on l’aime bien, ce bateau, mais là ça devient vraiment limite limite par rapport à notre organisation du retour. Nous montons fissa sur le pont où nous retrouvons le Capitaine Moustache. Un peu dans ses petits souliers (il doit chausser au maximum du 38), il vient nous annoncer qu’effectivement notre débarquement à Anvers est retardé de 24 à 36 heures. Bref, on met les valises en stand-by (yourself). Depuis Tilbury, le navire a encore accueilli un nouveau passager, il s’agit du « Superintendant » qui vient inspecter le navire. Il ferait mieux d’inspecter les calendriers, mais soit. Il est installé dans la « Owner room », une belle cabine avec salon séparé, grande salle de douche, lit double et trois fenêtres avec vue sur des voitures d’occasion. En tout cas, il doit être très important car il reçoit du vin rouge aux repas, alors que ça fait une semaine que nous en sommes privés. Cave nil vino, brave homme. Au milieu de l’après-midi, dernier changement d’heure, la Belgique n’est plus loin, et dernier changement de programme : tout compte fait, le pilote du port d’Anvers doit monter à bord à 18h, puis à 22h, puis à 2h30 et finalement à 4h30, de sorte qu’on devrait débarquer demain vers midi. A en croire le Capitaine, la présence d’une famille belge à bord du Grande Angola a décidé les autorités à permuter l’utilisation de l’écluse pour nous permettre d’arriver comme prévu avec huit jours de retard. C’est tof, hein. La communication entre les Italiens et les Belges a dû être difficile. Quand le Commandant a appelé la Capitainerie d’Anvers pour savoir si le rendez-vous de ce soir tenait toujours, je pense que la réponse a été : « Non, peut-être ». Le Commandant a dû rester interdit quelques instants et penser un truc du genre « mèquèquidit ? ». Il a alors demandé si c’était bon pour demain et la réponse a dû être : « Oui, sans doute ». Je ne vois pas d’autre explication logique. Donc, le Grande Angola va finalement s’ancrer ce soir parmi une bonne cinquantaine de semblables à une trentaine de kilomètres de notre côte belge bardée d’immeubles. D’un seul regard, alors que le soleil se couche, j’embrasse tout le littoral de notre plat pays, depuis les grues du port de Zeebruge jusqu’aux dunes de la Panne.

A bivouac in the Mer du Nord.
A bivouac in the Mer du Nord.
Dernière nuit à bord.
Dernière nuit à bord.

6 juillet 2016 – #47 – Port d’Anvers
Quarante-sixième et dernière nuit à bord, on n’est pas loin d’un record pour cette liaison, heureusement que nous avons appris à nous adapter. Tandis que le navire remonte l’Escaut, nous terminons de plier les bagages et entamons nos déchirant adieux à l’équipage, emprunts d’émotions et de bons sentiments. Déjà le pavillon belge est hissé, nous sommes de retour en Belgique après plus de 22 mois de voyage. Alors que le navire passe devant « Lillo-Fort », je reçois un coup de téléphone de mon Papa : il est là avec ma grand-mère Oma.

De la fumée sans feu.
De la fumée sans feu.
Coucou !
Coucou !
On est là.
On est là.
Vesselfinder.
Vesselfinder.
Ecluse de Kallo.
Ecluse de Kallo.
Encore un peu de patience.
Encore un peu de patience.
Pour Sonny.
Pour Sonny.

 

Noble Belgique.
Noble Belgique.

Nous le retrouverons deux heures plus tard sur le quai où il a reçu l’autorisation de se rendre pour nous accueillir. Après avoir passé l’ancienne écluse à Kallo, le Grande Angola appareille lentement, doucement, calmement, comme pour me laisser encore le temps d’ancrer au plus profond de ma mémoire ces merveilleux moments passés en famille et d’inspirer profondément en serrant les petites mains de nos kets.

Comité d'accueil.
Comité d’accueil.
Royal, n'est-ce pas ?
Royal, n’est-ce pas ?

37 Anvers

This is the end.
This is the end.

 

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